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De Combattant à Kamina au sommet de l’UDPS à Kinshasa :
Jean-Marc Kabund, un parcours d’un héros !


Il est à la tête d’un grand parti politique. L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS. Jean-Marc Kabund-A-Kabund.
Personne ne le voyait venir diriger l’actuel parti présidentiel.
Une nouvelle qui prend de court tout le monde
Jean-Marc Kabund-A-Kabund vient d’être propulsé au poste du numéro deux du parti. À la grande surprise de l’entourage du Sphinx de Limete. Il le proclame lorsqu’il le présente comme Président fédéral du Haut Lomami, comme un Héros vivant. En réaction à cette présentation, Jean-Marc Kabund va déclarer : ‘’Nous sommes avec eux jusques dans les caniveaux. Eux (Le régime de Kabila), ils ont les armes et nous nous avons la non-violence’’. Une déclaration que l’on peut considérer comme une prophétie qui vient de s’accomplir. Parce sans armes, sans effusion du sang, Félix-Antoine Tshisekedi avec l’appui de Jean-Marc Kabund venait de renvoyer les dignitaires de l’ancien régime dans les caniveaux.
Secrétaire Général de l’UDPS
Après cette présentation, il est nommé Secrétaire Général. Il remplace Bruno Mavungu et renoue avec la gestion de l’UDPS par les jeunes après que Jacquemin Shabani.
Depuis ce jour, le parti s’engage dans une montée qui va le conduire au sommet de l’Etat. Alors qu’il a géré avec doigté les négociations du Centre Interdiocésain qui avait pour Chef de la Délégation son Secrétaire Général adjoint, Félix-Antoine Tshisekedi, il perd pendant que l’on attendait la mise en place du Gouvernement issu de ces négociations son Président National, feu Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Personne ne lui donne la chance de réussir. L’on croit que le parti va s’éclater et que c’est la fin d’un combat qui n’aura pas abouti. Il réorganise le parti comme Président intérimaire. Les sollicitations viennent de partout pour qu’il vende le parti au plus offrant. Kabila, comme son ancien allié Moïse Katumbi Chapwe, sont dans la course pour acheter le parti, Jean-Marc Kabund s’y oppose. Il est appuyé par ses quatre Secrétaires Généraux adjoints. Il réussit à organiser les élections du nouveau Président National. Félix-Antoine Tshisekedi l’emporte face à Paul Tshilumbu.
Elu et contre toute attente, parce que les deux n’étaient pas trop proches, Félix-Antoine Tshisekedi, à la surprise de tous reconduit Jean-Marc Kabund et lui adjoint celui qui était jusques là Secrétaire National à la Communication et Porte-parole du parti, Augustin Kabuya.
Combat contre lui
Les négociations sont en cours pour le rapatriement du corps de Sphinx. Kabila s’y oppose. Emmanuel Ramazani Shadary clame que l’UDPS négocie la Primature contre le corps de son Président en Belgique. Félix-Antoine Tshisekedi est traité par ses pairs de l’Opposition d’avoir signé un deal avec Joseph Kabila pour prendre le poste de Premier Ministre. Les flèches viennent de partout, principalement des proches de son nouvel allié, Moïse Katumbi Chapwe. Il réagit pour déclarer qu’il désire occuper la Présidence de la République pendant que les gens veulent le réduire. Il est traité d’orgueilleux et exposé à la honte populaire qu’il n’a pas la gabarie qu’il faut pour occuper ce poste.
Les négociations boitent. le corps d’Etienne Tshisekedi n’est pas rapatrié.
Fameuse machine à voter
Tractations pour l’organisation des élections. Un calendrier est publié par Corneille Nangaa. Celui-ci annonce que les élections seront organisées avec la machine à voter. L’objectif de Joseph Kabila est de pousser l’Opposition à refuser la machine à voter pour négocier une autre rallonge. L’Opposition est tombée dans le piège de Kabila. Elle s’oppose aux élections avec la machine à voter. Même le Président de l’UDPS, Félix-Antoine Tshisekedi tente d’emboiter les pas à ses pairs de l’Opposition. Kabund le conseille pour que l’on ne tombe pas dans le piège de Joseph Kabila. Félix-Antoine Tshisekedi convoque une réunion où l’option d’aller aux élections avec ou sans machine est levée. Ses pairs de l’Opposition traitent l’UDPS d’avoir été corrompue par Kabila. L’un des puissants demande à Félix-Antoine Tshisekedi de limoger Kabund. Le Président National de l’UDPS s’y oppose.
Voilà que l’on va vers la désignation d’un candidat unique de l’Opposition. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est dribblé à Génève. Il cède à cette tricherie et présente Martin Fayulu comme le candidat du Changement. Le lendemain Jean-Marc Kabund-A-Kabund convoque une réunion du Directoire du parti. Il exige à son Président National de retirer sa signature. Parce que l’élection par tricherie d’un candidat traité par Mende d’une souris naine, avait provoqué un émoi sur toute l’étendue de la RDC.
Le Président Félix-Antoine Tshisekedi se soumet à la base. Il retire sa signature. Un autre accord est signé à Nairobi avec l’UNC de Vital Kamerhe. Il bat la campagne et l’emporte.
A la tête de l’UDPS
Le 22 janvier 2019 après la publication des résultats de la présidentielle, Félix Tshisekedi est contraint de lâcher la direction du parti du feu Étienne Tshisekedi Wa Mulumba.
Poids lourd de l’opposition congolaise depuis presque plus de trente et cinq ans, l’UDPS doit se métamorphoser en parti au pouvoir et l’urgence du moment impose de choisir un homme de confiance et de rigueur pour conduire la transition au sein du parti. Le choix de Félix Tshisekedi se porte sur Jean-Marc Kabund-a-Kabund.
Quoique Félix Tshisekedi et Jean-Marc Kabund n’aient été trop proches, ils entretenaient au moins depuis près de trois ans des relations professionnelles d’intérêt mutuel. Le choix de Kabund  était la meilleure solution. 
Ce choix  était plus important pour Félix Tshisekedi  du fait que celui qu’il nomma Président intérimaire  du parti est un homme de terrain, un combattant qui a rapidement compris la dynamique et les luttes d’influence internes au sein de ce parti.
Le parcours politique de Kabund
À l’âge de 35 ans, Jean-Marc Kabund comptait  près de deux décennies d’activisme derrière lui.
Il s’est engagé dans le combat au sein de l’UDPS alors qu’il n’était qu’un adolescent. Il a ensuite pris la présidence de la fédération provinciale de l’UDPS à Kamina.
Cette contrée était l’un des bastions de Joseph Kabila et il revêt donc une importance stratégique pour l’UDPS. Plusieurs fois interpellé, il passe un mois en prison en 2015 pour s’être opposé au projet de loi qui liait la tenue des élections à l’organisation d’un recensement.  C’est comme ça qu’il a fait ses preuves. C’est un combattant, Jean-Marc Kabund !
Depuis plusieurs années à l’étranger, en juillet 2016, Tshisekedi père fait un retour triomphal à Kinshasa. Sachant que ses anciens collaborateurs profitaient de sa faiblesse liée au poids de l’âge, Étienne Tshisekedi prend pourtant tout le monde de court en choisissant Kabund, un homme peu connu dans les hautes sphères du parti et remplace le doyen Bruno Mavungu.
A cette époque vu les circonstances, UDPS avait besoin d’un leadership de combat.  Il fallait mettre les courageux en première ligne, des gens qui puissent intimider le régime en place.
Au mois de septembre 2016, militants et forces de l’ordre multiplient les affrontements, et Kabund a l’expérience de la rue. Comme toute l’opposition congolaise, Kabund prône un discours antisystème et il est radicalement opposé au maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà de la date butoir du 19 décembre 2016. 
Les années suivantes, Kabund continue d’incarner cette ligne radicale. Il consolide sa position au sein du parti et se pose en « gardien du temple ».
Alors qu’affaibli par les défections (celles de Bruno Tshibala et de Tharcisse Loseke, notamment) l’UDPS se déchire, Kabund et Félix Tshisekedi font front commun pour faire reconnaître la légitimité de leur aile. Les deux hommes ont des parcours différents et viennent de milieux diamétralement opposés. 
Félix Tshisekedi et Jean-Marc Kabund ont fait du chemin ensemble, mais ce n’est pas pour autant qu’ils étaient en phase sur tout.
Le mariage entre Kabund et Félix est un mariage de raison. Sachant que Jean-Marc Kabund avait l’adhésion de la majorité de militants de l’UDPS, Félix Tshisekedi s’est résolu de lui laisser la direction du parti. Convaincu que celui-ci mènera en bon port le parti cher à Étienne Tshisekedi, Félix Tshisekedi le nomme Président ad intérim après son élection comme Président de la République au mois de janvier 2019.
Au cœur d’une crise entre Jean-Marc Kabund et quelques autres cadres du parti contestant son autorité, Félix Tshisekedi, en plaçant Jean-Marc Kabund à la tête de l’équipe de négociation chargée, pour le compte de sa coalition, de discuter du partage des postes au sein du gouvernement, puis en assurant son élection au poste de Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, lui a renouvelé sa confiance.
Passé Premier Vice-président, c’est Kabund qui se lève face au tollé provoqué par les embouteillages créés par les travaux des sauts des moutons pour conduire une délégation des élus de Kinshasa afin d’inspecter les travaux. A l’issue de cette visite, le constat est amer. Il dit que les travaux sont effectués à hauteur des 35%. Il est contredit par le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat qui charge le Ministre des Finances d’avoir bloqué les travaux. Celui-ci réagit aussi et charge le Cabinet du Chef de l’Etat. Tollé. Le Chef de l’Etat instruit que les enquêtes soient ouvertes. Elles concluent à des détournements, et par les chefs des entreprises qui ont gagné les marchés, et par les membres du Cabinet du Chef de l’Etat. Des arrestations sont opérées et suivies des condamnations. Encore une fois, Kabund sauve les meubles et l’honneur de l’UDPS.
Ejection
Malheureusement pour Kabund-A-Kabund, son règne à la vice-présidence de l’Assemblée nationale ne sera que de courte durée. 
Le 25 mai 2020, il est destitué de ses fonctions  du Premier Vice-président de l’Assemblée nationale suite à la pétition du député Jean-Jacques Mamba. 
Le 24 mars 2020, le Président Félix Tshisekedi a décrété l’état d’urgence sanitaire pour combattre la Covid-19. Selon le Président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, Félix-Antoine Tshisekedi a violé la Constitution. Son ordonnance sur l’état d’urgence devra être régularisée par le Congrès (l’Assemblée nationale et le Sénat).
En termes de droit de réponse à ce mensonge de Thambwe Mwamba qui cachait un coup d’Etat constitutionnel, Jean-Marc Kabund  Président ad intérim de l’UDPS et Premier Vice-président de la Chambre basse du Parlement fait savoir que  l’organisation d’un Congrès nécessite au moins sept millions de dollars américain. Et qu’en cette période de crise le pays ne pouvait pas dépenser une telle bagatelle somme pour une activité d’un seul jour.

Jean-Jacques Mamba, sous-traité par le FCC (Front Commun pour le Congo), exige de Jean-Marc Kabund des preuves de ses allégations. D’où la pétition qu’il a initiée et qui a abouti à sa destitution.
Cette humiliation a mis la puce à l’oreille de celui qui est appelé affectueusement à l’UDPS « 520 giga ». C’est delà que le déboire du Front Commun pour le Congo, FCC a commencé. Il l’avait prédit :’’J’apprends qu’un groupe d’individus mijote pour ma destitution. Le jour où ils vont me destituer, nous UDPS nous allons arrêter le soleil’’. Et le soleil s’est arrêté depuis ce jour et le FCC a été démonétisé.
Ni coalition, ni cohabitation
Au four et au moulin, Jean-Marc Kabund au côté du Président de la République Félix Tshisekedi, a milité pour la rupture de la coalition FCC-CACH. Reçu le dernier jour des consultations nationales du Président de la République, Jean-Marc Kabund déclare au sortir de l’entretien de son parti politique avec le Chef de l’État que « ces consultations viennent de mettre un terme à la coalition FCC-CACH. Dorénavant, il n’y aura ni coalition ni cohabitation ». Il est traité de tous les noms d’oiseaux par certains nains scientifiques.
Il s’est dévoué pour que le mariage Kabila-Tshisekedi soit dissout. 
Retour triomphal à son poste
Après une étape décisive consistant à déboulonner le système Kabila notamment la déchéance de Jeanine Mabunda, l’heure avait sonné pour la reconstitution du Bureau de l’Assemblée nationale. Le Chef de l’État connaissant les efforts fournis par Kabund pour arriver à vaincre le mythe Kabila, a jeté son dévolu sur Kabund-A-Kabund pour briguer le poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale. Loin d’être une récompense, Jean-Marc Kabund a convaincu et prouvé au Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qu’il est prêt de sacrifier même sa vie pour la cause noble de son parti, par ricochet de la République Démocratique du Congo. Celui qui, il y a 6 ans, soit en 2015, alors  Moïse Katumbi Gouverneur de la province de Katanga n’avait aucune importance et était traité avec dédain se trouve aujourd’hui la voie par excellence que quiconque veut se faire le nom dans le règne de Tshisekedi  devra passer. Aujourd’hui, il se tient en considération égale devant Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi. Le parcours de cet homme de fer est exceptionnel. D’un simple combattant à Kamina à la tête de l’UDPS, Jean-Marc Kabund est celui par qui ce parti de l’ancienne opposition a accédé au pouvoir malgré les interférences de Kabila et de Moïse Katumbi.
Chronique de Joël Cadet NDANGA

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