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Entérinement de la nouvelle équipe de CENI: Christophe Mboso, que devait-il faire d’autre ?

[Tribune de Molende MUTEBA]



C’est le samedi 16 octobre passé que l’Assemblée nationale a entériné 12 de 15 membres de la nouvelle équipe de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI.

Parmi ces personnes entérinées se trouve Denis Kadima, celui qui a reçu les voix des votes de 6 confessions religieuses. Comme l’accoutumée en République démocratique du Congo, ce choix n’a pas fait l’unanimité. Les catholiques et les protestants l’ont contesté, ce qui est logique.

Étant donné que c’est l’Assemblée nationale qui a la responsabilité de conduire ce processus, il revenait à elle de décider en dernier ressort et entériner s’il y a lieu.

Après plusieurs mois de négociations, le Patriarche Christophe Mboso N’Kodia Pwanga ensemble avec son bureau, a décidé de l’entérinement et ce, en respectant toutes les étapes possibles.

Au soir de cette plénière d’entérinement du samedi 16 octobre dernier, les critiques ont envahi les réseaux sociaux et les médias traditionnels. Les uns applaudissent, les autres fustigent. On reproche à Christophe Mboso N’Kodia Pwanga d’avoir fait un forcing musclé, un atterrissage forcé que l’on pouvait éviter. Pour cette catégorie de Congolais, le Speaker de la Chambre basse du Parlement devait attendre à ce que le consensus soit trouvé notamment pour le choix du Président de la CENI par les 8 confessions religieuses.
Christophe Mboso, que devait-il faire d’autre qu’entériner ces choix ? Une préoccupation qui nous a poussé à cet exercice.

L’Odyssée

Mardi 13 juillet 2021, conformément aux articles 10 et 24 bis de la loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante, le bureau de l’Assemblée nationale sort un communiqué étalant le chronogramme de choix des animateurs de CENI.

Ce chronogramme couvrait la période allant du mercredi 14 juillet au mardi 27 juillet 2021. Il était question pour chaque composante (société civile, majorité et opposition) de désigner ses délégués.


1. Désignation de 5 membres par la société civile : 2 membres des confessions religieuses dont le président de la commission électorale nationale indépendante et un membre de la plénière, 2 membres par les organisations spécialisées en matière électorale membres de la plénière et un membre par les organisations féminines de défense des droits des femmes membre de la plénière;

2. Désignation de 4 membres par l’opposition dont le 2e Vice-président et le questeur,

3. Désignation de 6 membres par la majorité dont le premier vice-président, le rapporteur, le rapporteur adjoint, et le questeur adjoint.

Concernant les confessions religieuses, arrivé au 27 juillet, les violons ne s’accordaient pas. Les 6 confessions religieuses jettent le dévolu sur Denis Kadima. Les catholiques et protestants contestent.

Arrivé à l’Assemblée nationale, le PV de vote est gelé. Au lieu de considérer le choix de l’Eglise de Réveil et consorts, Christophe Mboso renvoie de nouveau cette composante à la table de négociation. Ce qui implique le dépassement de la date butoir du 27 juillet. Ces princes religieux n’ont pas trouvé une issue favorable au bout de 3 prolongations.

« Mboso N’Kodia Pwanga, que devait-il faire d’autre ? N’est-ce pas qu’il a usé de toute sa sagesse pour aplanir les divergences ? »

Samedi 2 octobre 2021, les discussions reprennent de nouveau comme l’avaient souhaité plusieurs partenaires de la RDC.

Au bout des discussions de marathon de plusieurs heures, les lignes restent statistiques. Denis Kadima ou rien, disent le groupe de 6. C’était la dernière chance, l’ultime délai.

A ce stade, l’Assemblée nationale devait appliquer la loi. Parce que la majorité de confessions religieuses membres de cette composante avait fait un choix, il était impérieux que les règles de la démocratie prédominent à tous égards.

Entre le glissement et les élections en 2023

Moins sont ceux-là qui voient les choses d’un bon œil. Emportés par l’aigreur sombre, ils refusent d’apprécier à sa juste valeur la prouesse de l’Assemblée nationale dirigée de main de maître par le Patriarche Christophe Mboso N’Kodia Pwanga.

Au point où nous étions, alors que l’on s’approche lentement mais sûrement à la date des élections de 2023, ne pas entériner la nouvelle équipe de la CENI ouvrait étroitement la voie au glissement.

D’aucuns n’ignorent les contraintes liées à l’organisation des élections. Les opérations préalables notamment l’acquisition des matériels et kits électoraux et l’enrôlement des électeurs sont ce grand défi indissociable avec le temps.

Par absurde, acceptons que Christophe Mboso ait accordé un temps supplémentaire aux confessions religieuses pour aplanir leurs divergences alors que chaque bloc formé est déterminé à défendre ses idéaux et choix, auraient-ils trouvé un terrain d’attente ? Les catholiques et protestants auraient accepté de s’aligner derrière le choix de l’autre bloc? Le bloc des Églises de Réveil et consorts accepterait-il de lâcher son candidat qu’il estime de meilleur profil et choisi démocratiquement ? Une chose est certaine, dans le cas de figure, ces deux blocs ne pouvaient jamais s’attendre et s’accorder sur un seul choix. Avec eux, c’est le « paradigme de l’hypertextualité », une discussion sans fin et sans issue. Donc par conséquent, cette voie nous aurait emmené tout droit vers un glissement. Une situation que personne, mieux aucun politique ne peut accepter.

Entre le glissement et les élections en 2023, Christophe Mboso, fort de sa clairvoyance et sa sagesse, il a choisi les élections. Il ne pouvait faire rien d’autre, si ce n’est qu’offrir aux Congolais la possibilité de se choisir les dirigeants à tous les niveaux.

Molende MUTEBA Journaliste, éditorialiste et analyste politique

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