Dans la République de Narcissique, les autorités se pavanent telles des divinités sur leur piédestal de vanité, exigeant l’adoration et l’admiration d’un peuple en proie au chaos sécuritaire et à la misère. Alors que les rues résonnent des cris de désespoir des citoyens oubliés, les dirigeants se mirent dans le miroir de leur propre grandeur, ignorant superbement la réalité qui les entoure.
Sous le vernis étincelant de discours pompeux et d’apparats fastueux, la République de Narcissique cache une vérité amère : une économie chancelante, des inégalités criantes et une corruption endémique gangrènent le cœur de la Nation. La vanité d’autrui n’offense notre goût que lorsqu’elle choque notre propre vanité.
La crainte du ridicule est le trait le plus saillant du caractère. Pendant que les autorités se délectent des louanges hypocrites de courtisans intéressés, le peuple lutte pour sa survie, écrasé sous le poids des promesses non tenues et des rêves brisés. Dans ce théâtre de l’absurde où l’ego des puissants étouffe les plaintes des opprimés, il est grand temps de briser le miroir de la vanité et de confronter la réalité nue et crue.
La grandeur d’une Nation ne se mesure pas à la taille des statues érigées en l’honneur de ses dirigeants, mais à sa capacité à protéger et à élever chaque citoyen, du plus humble au plus puissant. Il est temps pour les habitants de Narcissique de se lever, de briser les chaînes de l’admiration forcée et de revendiquer leur droit à une vie digne et juste.
Car tant que la vanité des autorités éclipsera la détresse du peuple, la République de Narcissique restera prisonnière de son propre mirage de grandeur, condamnée à errer dans les ténèbres de l’illusion. Il est temps de choisir entre l’aveuglement de la vanité et la clarté de la vérité. Il est temps pour Narcissique de se réveiller et de se regarder enfin dans le miroir de la réalité.
Edouard Tshiama Musasa, Journaliste, Internationaliste et Chercheur individuel