Mwene-ditu : Quand une ville devient virale… et réclame des routes, des écoles et des soins

« Entre misère et nullité absolue, le rituel élève le borgne ». A l’heure où l’information circule à la vitesse d’un swipe, une simple séquence filmée sur un téléphone peut suffire à déplacer l’attention bien au-delà des frontières habituelles. Mwene-ditu, deuxième ville située dans la province de Lomami en République démocratique du Congo, en est un exemple sur plusieurs autres entités pilotes de cette province démembrée du « Grand  » Kasaï-Oriental, longtemps omie soit reprise, mais sans suivi, dans la planification et l’exécution des plusieurs projets de développement sociaux (Infrastructures, Santé, Éducation, Eau et Électricité, etc). Pourtant, une contrée majoritairement caractérisée par le respect, l’unité et l’attachement au déterminant politique structurel sur lequel est fondé le pouvoir politique de Kinshasa.

En l’espace de quelques heures, son nom a quitté la discrétion des cartes pour s’imposer dans les fils d’actualité, propulsé par une dynamique propre aux réseaux sociaux, où l’authenticité, le rythme et la répétition transforment un moment ordinaire en challenge viral.

Au-delà du sourire et de la viralité, l’épisode démontre surtout un avantage des réseaux sociaux : leur capacité à produire de la visibilité, donc de l’opportunité. En rendant un lieu « tendance », les réseaux sociaux peuvent, lorsqu’ils sont bien orientés, servir de leviers pour désenclaver des territoires, attirer l’attention sur leurs réalités, et provoquer un intérêt nouveau chez le public, les investisseurs ou les décideurs. L’effet vitrine est réel, ce que les réseaux montrent devient, pour beaucoup, une raison de découvrir, de visiter, ou simplement de s’y intéresser, et la Ville ferroviaire de Mwene-ditu traversée par la route nationale n°1 (RN1) reliant ainsi Kinshasa à la capitale économique, Lubumbashi, avec une voie ferrée la traversant sans gain de profit à sa faveur, en est l’une.

La visibilité numérique, lorsqu’elle est structurée, a le potentiel d’attirer l’attention sur des besoins essentiels et de favoriser des réponses durables. Santé, éducation, routes, autant de priorités souvent plus difficiles à porter lorsqu’elles concernent des localités éloignées des grands centres. En mettant un village sur la carte mentale du plus grand nombre, les réseaux sociaux peuvent contribuer à accélérer l’écoute, à mobiliser des partenaires, et à orienter des initiatives vers des réalisations concrètes.

Dans ce tableau, cette campagne patriotique apparaît davantage comme un déclencheur, une véritable option d’influencer ou de lancement d’alerte. Devenue malgré elle, l’une des voies associées à cette dynamique patriotique, elle illustre une réalité contemporaine : une voix ordinaire peut, à partir d’un extrait, devenir un point d’entrée vers des enjeux plus larges. Son apparition, même brève, rappelle une évidence : sur les réseaux, une phrase peut faire rire… mais elle peut aussi ouvrir un passage vers l’utile, à condition de savoir transformer l’écho en trajectoire. En attendant, un véritable changement, sachez, qu’il existe une ville (Mwene-ditu) et deuxième après Kabinda dans la province de Lomami.

Édouard Tshiama Musasa/Journaliste