Pour une ville de Kinshasa propre : l’assainissement de l’environnement, un droit fondamental et un devoir de gouvernance.

Tribune de Me Albert Fabrice PUELA
Député national et ministre honoraires
puelaalbertfabrice@gmail.com

L’assainissement de l’environnement n’est ni un luxe ni une option. Il constitue un droit fondamental, indissociable du droit à la santé, à la dignité humaine et à un cadre de vie sain. Il est également un devoir impérieux pour les gouvernants, tenus de protéger les populations contre les risques sanitaires, environnementaux et économiques liés à l’insalubrité.

À Kinshasa comme dans toutes , la prolifération des bouteilles en plastique, abandonnées dans les rues, les caniveaux et les cours d’eau, aggrave les inondations, favorise les maladies et défigure durablement la ville. Face à cette urgence, il est temps de passer des constats aux décisions courageuses et structurantes.

25 propositions pratiques et pragmatiques pour éradiquer les bouteilles en plastique dans la ville de Kinshasa.

1.Reconnaître légalement l’assainissement de l’environnement comme une priorité d’intérêt général et un droit fondamental effectif;

2.Adopter une loi nationale ou des édits provinciaux sanctionnant sévèrement le jet de bouteilles en plastique dans des lieux non indiqués;

3.Fixer des amendes dissuasives et, en cas de récidive, des travaux d’intérêt général liés à la salubrité.

4.Mettre en place un système de consigne obligatoire pour toutes les bouteilles en plastique;

5.Responsabiliser juridiquement les producteurs et importateurs (principe du pollueur-payeur);

6.Créer des points officiels de collecte accessibles dans chaque quartier;

7.Introduire le tri sélectif obligatoire dans les marchés, écoles, administrations et lieux de culte;

8.Soutenir financièrement les PME de recyclage par des exonérations fiscales ciblées;

9.Créer des emplois verts pour les jeunes et les femmes dans la collecte et le tri;

10.Interdire les bouteilles plastiques à usage unique lors des manifestations publiques et cérémonies officielles;

11.Encourager l’utilisation de contenants réutilisables (verre, gourdes, bidons);

12.Installer des machines de récupération automatique contre rémunération symbolique;

13.Organiser des opérations régulières de nettoyage des caniveaux et cours d’eau;

14.Intégrer l’éducation environnementale dans les programmes scolaires à tous les niveaux;

15.Lancer des campagnes massives de sensibilisation via médias, églises et leaders communautaires;

16.Impliquer les chefs de quartiers et communes avec des objectifs chiffrés de propreté.

17.Créer un fonds provincial de gestion des déchets plastiques;

18.Taxer fortement les plastiques non recyclables à l’importation;

19.Valoriser le plastique recyclé dans les travaux publics (pavés, dalles, mobilier urbain);

20.Encadrer les décharges et dépôts sauvages, avec fermeture immédiate et sanctions;

21.Renforcer les capacités des services d’hygiène et d’environnement;

22.Encourager les partenariats public-privé dans la gestion des déchets;

23.Publier régulièrement des indicateurs de salubrité urbaine pour la redevabilité publique;

24.Associer la société civile et les ONG au contrôle citoyen de la propreté;

25.Faire de la propreté un critère de bonne gouvernance locale, évalué et récompensé.

Conclusion

Assainir Kinshasa des bouteilles en plastique n’est pas seulement une exigence environnementale ; c’est un choix de civilisation, un impératif de santé publique et un acte de respect envers les générations présentes et futures.

Une ville propre est le reflet d’un État responsable, d’autorités engagées et de citoyens conscients de leurs devoirs. Il appartient désormais aux gouvernants de faire légiférer, de sanctionner et d’agir, et à chaque citoyen de changer de comportement.

Kinshasa peut redevenir une capitale digne, saine et durable, à condition d’une volonté politique ferme et d’une mobilisation collective sans faille.