La République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi Wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, des suites d’une maladie. Sa dépouille repose actuellement à la morgue de la Clinique Ngaliema, selon plusieurs sources concordantes.
Une vie dédiée à l’État
Femme de conviction et de leadership, Catherine Nzuzi Wa Mbombo aura consacré près d’un demi-siècle au service de la nation. Son parcours exceptionnel témoigne d’une détermination rare et d’une capacité à s’imposer dans un univers politique longtemps dominé par les hommes.
Elle débute sa carrière en 1967 comme bourgmestre de la commune de la Gombe, avant de gravir progressivement les échelons du pouvoir. Inspectrice d’État, commissaire provinciale, puis vice-gouverneure de Kinshasa, elle s’illustre par son sens de l’autorité et sa rigueur administrative.
Au cœur du pouvoir sous Mobutu
Sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko, elle accède à des fonctions stratégiques. Gouverneure du Bas-Zaïre (actuel Kongo Central) entre 1972 et 1974, puis gouverneure de la ville de Kinshasa à partir de 1985, elle devient une figure incontournable du système politique.
Membre influente du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), elle atteint le sommet en devenant deuxième vice-présidente de son Comité central, un poste équivalent à celui de vice-présidente de la République à l’époque.
Après la chute du régime Mobutu en 1997, Catherine Nzuzi Wa Mbombo traverse une période difficile. Incarcérée pendant deux ans pour haute trahison, elle s’exile ensuite brièvement en Afrique du Sud.
Elle effectue néanmoins un retour remarqué sur la scène politique en intégrant, en 2003, le gouvernement de transition issu du dialogue intercongolais de Sun City, en tant que ministre de la Solidarité et des Affaires humanitaires.
Née le 19 décembre 1944 à Tshumbe Sainte Marie, dans la province du Sankuru, Catherine Nzuzi Wa Mbombo s’est également distinguée par son engagement en faveur des droits et de l’émancipation des femmes. Candidate à l’élection présidentielle de 2006, elle aura marqué l’histoire comme une pionnière.
Décédée à l’âge de 81 ans, elle laisse derrière elle un héritage politique immense. Sa disparition crée un vide profond au sein de la classe politique congolaise, mais son influence et son combat continueront d’inspirer les générations futures.
DIKA