RDC : Mardochée Nsele Minga dépose une pétition citoyenne et relance le débat sur les mécanismes constitutionnels exceptionnels

C’est sous le regard attentif des agents du Bureau de l’Assemblée nationale et de plusieurs citoyens venus l’accompagner que Mardochée Nsele Minga, président de la Nouvelle Génération pour le Congo (NGC), a franchi ce lundi 09 juin 2026, les portes du Palais du Peuple pour y déposer une pétition soutenue par 100 000 signatures.

Par cette initiative, le jeune leader et Fils idéologique de la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, entend interpeller les institutions de la République sur la nécessité de répondre aux exigences constitutionnelles relatives à la souveraineté populaire, notamment celles consacrées par l’article 5 de la Constitution qui stipule que le pouvoir émane du peuple.

Dans les couloirs du Palais du Peuple, l’ambiance était empreinte de curiosité. Quelques militants, dossiers en main, observaient avec attention le dépôt officiel du document, symbole selon eux d’une participation citoyenne plus active dans la gestion des affaires publiques.

« Nous sommes venus remettre cette pétition parce que nous croyons que le peuple doit être au centre de toutes les décisions qui engagent l’avenir de notre nation », a déclaré Mardochée Nsele Minga au sortir de l’audience.

Au-delà du dépôt des signatures, le président de la NGC a surtout attiré l’attention sur ce qu’il considère comme un vide juridique concernant les mécanismes exceptionnels prévus par la Constitution.

« À ce jour, il n’existe aucune proposition de loi claire portant sur l’activation des mécanismes constitutionnels exceptionnels. Pourtant, ces mécanismes existent dans notre arsenal juridique et méritent d’être encadrés afin d’éviter toute interprétation hasardeuse. Les jours à venir, je reviendrai sur le projet de loi sur le mécanisme exceptionnel institutionnel qui sera porté par un élu national », a-t-il affirmé devant la presse.

Pour ce jeune acteur politique, le débat dépasse les clivages partisans. Il s’agit avant tout de renforcer les outils institutionnels permettant à l’État de faire face aux situations extraordinaires tout en respectant l’ordre constitutionnel.

Cette démarche intervient dans un contexte où les questions liées aux réformes institutionnelles et à la participation citoyenne occupent une place croissante dans le débat public congolais. Plusieurs initiatives populaires ont récemment été enregistrées autour des mécanismes constitutionnels et des procédures de révision prévues par la loi fondamentale.

Au terme du dépôt, Mardochée Nsele Minga s’est voulu rassurant sur la suite de son combat.

« Notre objectif n’est pas de contourner les institutions, mais de les renforcer. Nous voulons ouvrir un débat républicain, responsable et conforme à la Constitution », a-t-il conclu.

Désormais, les regards sont tournés vers les instances compétentes qui devront examiner cette pétition citoyenne. Une initiative qui, bien que modeste par le nombre de signatures déposées, pourrait contribuer à alimenter les discussions sur l’avenir des mécanismes constitutionnels en République démocratique du Congo.

Édouard Tshiama Musasa