Patrick Muyaya : « Les FDLR ne représentent plus une menace majeure pour le Rwanda »

Face aux interrogations sur la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a profité de son passage sur le plateau de France 24 pour réaffirmer la position officielle de Kinshasa concernant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Il a notamment contesté l’argument avancé par Kigali, qui invoque régulièrement la présence de ce groupe armé pour expliquer son implication dans le conflit.

Répondant à une question sur l’éventuelle neutralisation des FDLR, Patrick Muyaya a souligné que la présence de ce mouvement armé en RDC est un problème ancien, hérité de plusieurs décennies de conflits. Il a rappelé que cette situation a perduré sous les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays, de Mobutu Sese Seko à Félix Tshisekedi, en passant par Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila.

Le porte-parole du gouvernement a toutefois insisté sur l’évolution de cette menace. Selon lui, les conclusions des experts des Nations unies ainsi que les analyses de plusieurs services de renseignement étrangers indiquent que les éléments encore actifs des FDLR ne disposent plus des capacités militaires susceptibles de constituer un danger significatif pour le Rwanda.

Patrick Muyaya a estimé que Kigali continue néanmoins d’utiliser cet argument pour justifier son implication dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC, notamment à travers les accusations de soutien à la rébellion de l’AFC/M23.

Le ministre a également attiré l’attention sur la présence de forces étrangères sur le territoire congolais. Il a affirmé que près de 10 000 soldats rwandais seraient déployés en RDC, une situation que Kinshasa considère comme une atteinte à sa souveraineté et l’une des principales causes de l’instabilité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Réaffirmant les priorités du gouvernement, Patrick Muyaya a indiqué que les autorités congolaises restent engagées en faveur du rétablissement de la paix, de la préservation de l’intégrité territoriale du pays et de la poursuite des initiatives diplomatiques destinées à mettre un terme durable au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

DIKA