Deux jours après sa condamnation, Constant Mutamba sort de son silence. Dans une lettre manuscrite datée du 20 septembre 2026, l’ancien Ministre de la Justice revient sur son procès, conteste les accusations retenues contre lui et adresse un message de fermeté à ses soutiens.
Sur quatre pages écrites à la main, le ton est tour à tour judiciaire, personnel et politique. Mutamba affirme avoir été condamné au terme d’un procès qu’il juge expéditif et estime que ses droits de défense n’ont pas été pleinement respectés. « Je viens d’être condamné à 10 ans de travaux forcés à l’issue d’un procès expéditif de deux jours, sans aucun témoin à charge », écrit-il.
L’ancien garde des Sceaux ne s’arrête pas à la contestation du verdict. Il inscrit cette affaire dans une lecture beaucoup plus large et évoque ce qu’il présente comme un « complot politico-judiciaire ». Selon lui, cette séquence aurait commencé plusieurs mois auparavant et viserait, au-delà de sa responsabilité dans le dossier judiciaire, à mettre fin à son parcours politique.
Sur les accusations financières, Mutamba maintient également sa contestation. Il rejette notamment l’idée d’avoir détourné les fonds évoqués dans le dossier et revient sur le fonctionnement du FRIVAO. « Je n’ai jamais géré les fonds du FRIVAO », affirme-t-il dans sa lettre, en soutenant que cet établissement public disposait d’une autonomie propre.
L’ancien Ministre profite aussi de cette correspondance pour répondre à ceux qui lui prêteraient des ambitions politiques qu’il affirme ne pas avoir nourries. Il revendique, au contraire, avoir servi la République avec loyauté. « J’ai servi la République démocratique du Congo avec loyauté et patriotisme », écrit-il, en dénonçant au passage ce qu’il considère comme des accusations et témoignages destinés à ternir son image.
Mais c’est dans la dernière partie de son message que le ton se durcit. Mutamba s’adresse directement à ses compatriotes et à ses compagnons, auxquels il demande de ne pas céder au découragement. Il convoque l’histoire de plusieurs personnalités africaines passées par la prison pour défendre une idée centrale : l’incarcération ne signerait pas nécessairement la fin d’un engagement politique.
« La prison n’arrête pas le destin d’un homme politique », écrit-il, avant d’exhorter ses soutiens à « tenir bon » et à « résister jusqu’au bout ».
La conclusion donne à la lettre une dimension ouvertement combative. « La patrie ou la mort, nous vaincrons », écrit Constant Mutamba avant d’apposer sa signature.
Datée du 20 septembre 2026, cette lettre apparaît ainsi comme une prise de parole destinée autant à contester le récit judiciaire qu’à maintenir le contact avec ceux qui le soutiennent. Depuis son lieu de détention, l’ancien ministre entend manifestement faire savoir qu’il considère son combat loin d’être terminé.
Par Édouard Tshiama