Epidémie d’Ebola en RDC : 72 structures écartées de la riposte pour défaut de transparence financière

La République démocratique du Congo renforce le contrôle des organisations engagées dans la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola. Sur les 97 structures appelées à intervenir dans cette lutte, seules 25 ont obtenu l’accréditation du gouvernement, tandis que les 72 autres ne sont pas autorisées à poursuivre leurs activités sur le terrain, selon les déclarations du ministre de la Santé publique, Roger Kamba.

Cette décision intervient alors que des interrogations persistent sur la gestion des financements destinés à soutenir les opérations sanitaires. Environ 700 millions de dollars américains sont au centre des préoccupations des autorités, qui exigent davantage de transparence sur l’utilisation des ressources mobilisées par les partenaires.

D’après le ministre Roger Kamba, les organisations concernées doivent justifier les fonds reçus et en assurer la traçabilité avant de prétendre à une accréditation. Le gouvernement entend ainsi s’assurer que les structures intervenant dans la riposte respectent les règles établies par les autorités congolaises.

« Ne peut se déployer sur le terrain que celui qui détient une accréditation », a rappelé le ministre, évoquant la décision de la Première ministre.

De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a souligné que les financements annoncés par les bailleurs et directement versés aux organisations ne sont pas passés par le Trésor public congolais.

Le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a également évoqué près de 962 millions de dollars décaissés directement par des partenaires financiers au profit d’organisations internationales et d’ONG impliquées dans la riposte contre Ebola en RDC. Il estime que les structures qui ne peuvent justifier la gestion des ressources reçues ne devraient pas bénéficier d’une accréditation.

Pour le responsable d’Africa CDC, chaque dollar mobilisé doit contribuer à sauver des vies et chaque acteur doit rendre compte de ses financements. Il a également insisté sur la nécessité pour les partenaires de respecter le leadership du gouvernement congolais dans la conduite des opérations.

Alors que le pays fait face à une épidémie particulièrement meurtrière, cette controverse remet au premier plan la question de la transparence dans la gestion de l’aide sanitaire internationale. Les autorités veulent obtenir des éclaircissements sur les fonds mobilisés, tout en rappelant que les organisations partenaires doivent se conformer aux exigences nationales.

Selon les chiffres rapportés dans le texte source, cette 17ᵉ épidémie d’Ebola a enregistré 9 144 cas, 4 410 décès et 2 418 guérisons, pour un taux de létalité annoncé de 48,2 %.

Dans ce contexte, la priorité reste la mobilisation efficace des moyens nécessaires pour contenir la maladie. Le gouvernement entend faire de la justification des financements une condition incontournable de participation à la riposte, afin que les ressources annoncées se traduisent effectivement par des interventions au bénéfice des populations touchées.

DIKA