Abandon de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation : la SCED alerte sur un échec imminent

La Société Congolaise pour l’État de Droit (SCED) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie d’abandon manifeste de la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation (CPVJR) par le pouvoir central et le gouvernement provincial. Dans un communiqué officiel rendu public à Kananga, l’organisation de défense des droits humains évoque un risque réel d’échec de cette institution pourtant stratégique pour la paix et la justice transitionnelle.

Selon la SCED, plus d’une année s’est écoulée depuis le début du deuxième mandat de la Commission, sans qu’aucune mesure concrète ne soit prise pour assurer son fonctionnement normal. Aucune prise en charge financière, administrative ou logistique n’a été garantie, ni pour les activités de la Commission, ni pour ses commissaires, en violation flagrante des engagements de l’État en matière de justice transitionnelle.

L’organisation déplore également que la mise en œuvre de certaines activités de la CPVJR dépende exclusivement de la volonté des partenaires techniques et financiers. Une situation qui, selon la SCED, fragilise gravement l’indépendance, la crédibilité et l’efficacité de cette institution publique.

Pour la SCED, il est inconcevable qu’une institution d’une telle importance fonctionne sur la base de soutiens occasionnels, alors qu’elle relève avant tout de la responsabilité directe de l’État. Pendant ce temps, les victimes des graves violations des droits humains commises lors du conflit de Kamwina Nsapu continuent de vivre avec des blessures profondes, privées de vérité, de reconnaissance et de réparation.

L’inaction prolongée des autorités ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon ressenti par les victimes et compromet sérieusement les efforts de réconciliation durable. La SCED rappelle qu’à l’occasion du séjour du Président de la République à Kananga en décembre 2024, le dossier de la CPVJR avait été confié à un Conseiller principal pour en assurer le suivi. Depuis lors, aucun retour, aucune mesure concrète ni communication officielle n’a été enregistrée, un silence jugé lourd de conséquences et révélateur d’un manque de volonté politique préoccupant.

Face à cette situation, la SCED avertit que l’échec de la Commission provinciale Vérité, Justice et Réconciliation est imminent, si aucune action urgente n’est entreprise. L’organisation estime que laisser péricliter cette institution revient à renoncer à la lutte contre l’impunité et à hypothéquer la paix sociale dans la région.

La SCED appelle ainsi les autorités compétentes à assumer pleinement leurs responsabilités afin de sauver la CPVJR et de garantir aux victimes leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation.

DIKA