Le président du Rwanda, Paul Kagame, a accordé un entretien à Jeune Afrique dans lequel il se montre inflexible quant à la levée de ce qu’il appelle des mesures défensives, qui se traduit par la présence de troupes rwandaises dans l’Est de la RD Congo.
Voici ce qu’il faut retenir en 10 points l’essentiel de l’interview du Président Rwandais Paul Kagame :
- Kagame assume sans détour la présence de troupes rwandaises en RDC : défendre sa frontière jusqu’à 20 km au-delà, dit-il, reste pour lui une « mesure défensive ».
- Sur les sanctions américaines du 2 mars : il les qualifie d’« insultes » et de punition injuste, accusant Washington d’exercer une pression asymétrique, dure avec Kigali, indulgente avec Kinshasa.
- Sur la prise d’Uvira (10 déc. 2025) : Kagame rejette tout lien avec les accords de Washington. Il affirme que toutes les parties, y compris américaines, étaient informées de l’imminence de cette chute.
- Message direct à la communauté internationale : « N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense alors que vous ne faites rien pour mettre un terme à ce qui menace mon pays. »
- Sur les FDLR : peu importe leur nombre, dit-il, ce qui compte, c’est leur idéologie et le soutien que leur apporte, selon lui, le gouvernement congolais.
- Sur Kabila à Goma : Kagame dit ne voir aucune raison de lui refuser le passage. « Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus. L’AFC/M23 est un groupe large. J’ai aussi vu que même l’ancien président Kabila, en fait maintenant partie ou est associé d’une manière ou d’une autre »
- Sur les minerais : il revendique le rôle de hub régional sans complexe, affirmant que le Rwanda documente tout ce qui transite sur son territoire et peut « présenter les documents qui l’attestent ».
- Sur le Mozambique : si l’UE ou le Mozambique ne financent pas la durabilité de la mission, il menace de rapatrier ses 5 000 hommes « à tout moment et quelles qu’en soient les conséquences ».
- Sur Tshisekedi : à la question d’un possible rapprochement, réponse lapidaire : « Je suis à l’aise dans ce statu quo. »
- Sur sa santé, après trois semaines d’absence en juin 2025 : Kagame balaie les rumeurs et assure qu’il figurerait « parmi les dix meilleurs » d’un échantillon de cent personnes de son âge. « Pour l’instant, je suis en bonne forme. »
Il faut signaler que déjà en août 2024, le Président Félix Tshisekedi avait publiquement pointé du doigt Joseph Kabila, l’accusant de préparer une insurrection à travers l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Il avait alors affirmé que cette structure était directement liée à son prédécesseur, une position qu’il a réitérée par la suite dans d’autres interventions médiatiques, notamment après la prise de Goma par l’AFC/M23.
Rédaction