Une vive tension règne au lycée Dr Shaumba, établissement public subventionné situé sur l’avenue Prince de Liège à Kinshasa. Les parents d’élèves sont montés au créneau pour dénoncer une augmentation brutale et jugée injustifiée des frais scolaires, imposée sans consultation préalable ni communication officielle de la direction.
Selon les informations recueillies auprès des parents, les frais scolaires étaient fixés à 300 dollars l’année précédente. En fin d’année, une majoration de 30 dollars avait déjà suscité un certain malaise. Pour l’année scolaire en cours, les frais ont été annoncés à 330 dollars. Mais contre toute attente, à peine deux mois plus tard, l’administration a porté la facture à 500 dollars, soit une hausse soudaine de 170 dollars.
Ce qui choque davantage les parents, c’est la méthode employée. Aucune assemblée générale n’a été convoquée, aucun communiqué officiel n’a été rendu public. L’information aurait été transmise indirectement par les élèves, alimentant un profond sentiment de mépris et d’opacité. « Nous avons appris cette augmentation par nos enfants. C’est inacceptable pour une école publique subventionnée », déplore un parent d’élève.
Les parents rappellent que le lycée Dr Shaumba bénéficie de l’appui financier de l’État, dont l’objectif est précisément de rendre l’enseignement accessible au plus grand nombre. Pour eux, cette hausse va à l’encontre de la mission sociale de l’établissement et pèse lourdement sur des familles déjà éprouvées par la conjoncture économique difficile.
Par ailleurs, plusieurs parents soulignent un élément important souvent passé sous silence : le lycée Dr Shaumba aurait été victime de spoliation, ayant perdu une partie de ses biens ou de son patrimoine. Si cette situation est avérée, elle ne saurait, selon eux, justifier que le poids financier soit transféré brutalement sur les parents, sans explication ni transparence. « La spoliation est un problème réel, mais ce n’est pas aux parents d’en payer le prix dans l’ombre », estime un représentant des familles.
Le préfet de l’établissement, M. Gaspard Bomo Masebi, est aujourd’hui directement interpellé. Les parents exigent des explications claires sur les raisons exactes de cette hausse, la gestion des fonds de l’école, ainsi que sur l’impact réel de la spoliation évoquée. Un ultimatum d’une semaine a été lancé pour obtenir des réponses concrètes. Passé ce délai, une action collective est annoncée. « Si rien n’est fait, nous descendrons à l’école », préviennent-ils.
Cette situation met une fois de plus en lumière les dysfonctionnements dans la gestion de certains établissements scolaires publics subventionnés à Kinshasa. Entre manque de communication, soupçons de mauvaise gouvernance et problèmes structurels comme la spoliation, la confiance entre parents et autorités scolaires s’effrite dangereusement. À quelques jours de l’échéance fixée par les parents, l’attitude de la direction du lycée Dr Shaumba sera déterminante pour éviter que cette crise ne dégénère en confrontation ouverte.
DIKA