Alors que la République démocratique du Congo fait face à des défis climatiques majeurs, notamment les inondations récurrentes liées à la saison des pluies, une question cruciale s’impose : comment le pays peut-il efficacement prévenir les catastrophes naturelles si son principal organe météorologique national est laissé pour compte ?

La METTELSAT, agence nationale de météorologie, joue pourtant un rôle central dans la production des prévisions climatiques et des alertes précoces. Son implication dans l’initiative internationale « Alerte précoce pour tous » témoigne de son importance stratégique dans la sauvegarde des vies humaines et des biens. D’ailleurs, lors de la 66ᵉ réunion du Conseil des ministres du 7 novembre 2025, le gouvernement congolais avait reconnu la pertinence des prévisions fournies par la METTELSAT, déclenchant même un travail de coordination pour faire face aux risques liés à la saison pluvieuse.
Cependant, ce discours officiel contraste fortement avec la réalité vécue par cette institution publique.
Une agence stratégique privée de ses droits
Malgré les services rendus à la Nation — allant de la sécurité de la navigation aérienne à Kinshasa et en provinces, jusqu’à l’appui aux secteurs agricoles, environnementaux et de la protection civile — la METTELSAT continue de fonctionner dans des conditions jugées précaires par son personnel.

Les revendications adressées à son ministre de tutelle, Jean-Pierre Bemba Gombo, sont restées sans suite. Parmi les principales doléances figurent :
- l’amélioration des conditions salariales ;
- l’octroi des primes dues au personnel ;
- l’application effective de la loi sur l’Aviation civile (articles 77, 99 et 100 de la loi n°23 du 12 janvier 2023) ;
- la mise en œuvre de l’arrêté de coordination relatif à la clé de répartition des ressources entre la METTELSAT, la Régie des voies aériennes (RVA) et la Haute Autorité de l’Aviation Civile (AAC).
Un paradoxe institutionnel inquiétant
Créée par l’ordonnance n°91-50 du 3 avril 1991, la METTELSAT est un établissement public à caractère technique et scientifique, doté de la personnalité juridique. Trente-cinq ans après sa création par l’État congolais lui-même, l’institution semble pourtant ne plus bénéficier de la reconnaissance et du soutien nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
Ce paradoxe amène à s’interroger : le gouvernement congolais mesure-t-il réellement la portée du service rendu par cet établissement stratégique, indispensable à la prévention des catastrophes naturelles et à la sécurité nationale ?
Cap sur la Primature
Face au silence persistant du ministère de tutelle, les agents de la METTELSAT annoncent un nouveau sit-in devant la Primature, prévu ce jeudi 29 janvier 2026, dans l’espoir d’obtenir une implication directe du chef du gouvernement.
Au-delà des revendications sociales, c’est la capacité même de l’État à anticiper et gérer les risques climatiques qui est aujourd’hui en jeu.
DIKA