Nord Kivu : un nouvel effondrement meurtrier relance l’alerte sur les mines artisanales à Rubaya

Un drame de plus dans les mines de l’est de la RDC.

Au moins neuf creuseurs artisanaux ont perdu la vie et douze autres ont été blessés, dont plusieurs grièvement, ce weekend lors de l’effondrement de deux puits sur le site minier de Gasasa, à Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu).

Selon des sources locales, l’accident s’est produit alors que des travailleurs descendaient dans des galeries pour extraire du coltan.

Les puits se sont brusquement affaissés, piégeant les creuseurs sous des tonnes de terre.

Les opérations de secours ont été particulièrement compliquées par la fragilité du sol et l’absence d’équipements adaptés, une situation récurrente sur ces sites artisanaux.

Le site de Rubaya, l’un des principaux bassins de production de coltan dans la région, se trouve actuellement sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23.

Dans ce contexte sécuritaire instable, l’exploitation minière échappe largement à tout encadrement, exposant les creuseurs à des risques permanents, notamment des éboulements dans des puits rudimentaires.

Ce nouvel accident intervient dans une série noire. Ces dernières semaines, plusieurs incidents similaires ont été signalés dans la zone de Rubaya et ses environs, sans que des bilans précis ne puissent toujours être établis en raison des difficultés d’accès.

La reprise des activités minières après des mouvements de groupes armés dans les territoires de Masisi et de Walikale a entraîné un afflux massif de creuseurs sur des sites souvent instables, augmentant considérablement les risques d’accidents.

Face à la répétition de ces tragédies, des voix s’élèvent au sein de la société civile pour exiger des mesures urgentes.

Elles appellent à un renforcement des normes de sécurité et à une régulation stricte de l’exploitation artisanale, en particulier dans les zones sous contrôle des groupes armés.

A Rubaya, ce nouveau drame alourdit un bilan humain déjà lourd. Il met en lumière, une fois de plus, le contraste saisissant entre la richesse du sous-sol et la précarité extrême des conditions de travail des creuseurs.

Pour beaucoup, il rappelle surtout l’urgence d’une réforme profonde du secteur minier artisanal dans l’est de la RDC, où la quête de minerais continue de coûter des vies.

La rédaction