Le dossier sensible de la démolition du site de Pakadjuma, dans la commune de Limete, a été au centre d’une réunion stratégique présidée le samedi 14 février par le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango. Autour de la table figuraient plusieurs responsables provinciaux, notamment ceux de l’Intérieur, des Infrastructures, de l’Environnement, ainsi que les responsables sécuritaires de la Police nationale et de la 14ᵉ région militaire.

Au cœur des échanges : faire le point sur l’avancement du processus de démolition et, surtout, sur les conditions de relogement des familles affectées. Les habitants concernés ont été transférés vers un site provisoire à N’Sele, en attendant leur installation définitive à Ngaliema.
Selon les autorités, cette opération répond à une double exigence. D’une part, elle vise à restaurer l’emprise ferroviaire occupée de manière irrégulière, à la demande de la Société commerciale des transports et des ports (ex-Office national des transports), afin d’améliorer la fluidité des transports et de renforcer la mobilité urbaine. D’autre part, elle s’inscrit dans une logique sécuritaire, le site étant situé le long de l’avenue Poids Lourds, une zone stratégique et à forte circulation.
Si le gouvernement affirme vouloir conduire cette opération dans le respect des normes sociales, la question de la prise en charge des personnes déplacées demeure centrale. Le Vice-Premier Ministre a annoncé attendre le rapport détaillé de la Cellule permanente d’alerte et d’urgence sur les mesures d’accompagnement social mises en œuvre. Une commission de suivi devrait également voir le jour afin d’assurer un encadrement permanent du processus.
Au-delà de l’aspect administratif et logistique, le défi reste humain : garantir que la libération du site ne se transforme pas en précarisation accrue pour les familles concernées. Entre impératifs d’ordre public et exigences sociales, l’État est désormais attendu sur la concrétisation de ses engagements.
DIKA