Le Front Anti-Dialogue en République démocratique du Congo a rendu public un communiqué de presse au ton ferme, dans lequel il réaffirme son opposition à la tenue d’un dialogue politique inclusif tel que proposé dans le contexte actuel. Mouvement citoyen et patriotique, le Front Anti-Dialogue se présente comme un défenseur de la souveraineté du peuple congolais, de l’État de droit et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Dans son message, le mouvement rappelle que son refus d’un dialogue politique n’est pas nouveau. Selon lui, les expériences passées ont démontré que ces dialogues dits « inclusifs » se transforment souvent en dialogues de façade, servant principalement à organiser le partage du pouvoir entre élites politiques, à recycler les violences armées et à consacrer l’impunité, notamment à travers les mécanismes de brassage et de mixage au sein des forces armées.
Le Front Anti-Dialogue fonde sa position sur des faits qu’il qualifie de largement documentés. Il cite notamment les rapports successifs des Nations unies qui établissent clairement la responsabilité du Rwanda dans l’agression de la RDC, aussi bien de manière directe que par l’intermédiaire de ses supplétifs de l’AFC/M23. Dans ce contexte, organiser un dialogue politique sans reconnaissance préalable de cette agression ni établissement des responsabilités reviendrait, selon le mouvement, à banaliser les crimes, humilier les victimes et affaiblir davantage l’État congolais.
C’est pour ces raisons que le Front Anti-Dialogue rejette le dialogue politique « inclusif » tel que formulé par les évêques de la CENCO et de l’ECC. Il estime que l’inclusivité ne peut en aucun cas servir de prétexte pour effacer la vérité ou pour intégrer politiquement ou militairement des groupes armés soutenus par une puissance étrangère.
Toutefois, le mouvement tient à préciser qu’il ne rejette pas le dialogue par principe. Il affirme refuser les dialogues de compromission, de marchandage des intérêts nationaux et de contournement de la volonté populaire. Le seul dialogue acceptable, selon lui, est un dialogue de vérité placé sous la contrainte de la justice, de la transparence, de la responsabilité et de la légitimité démocratique.
À ce titre, le Front Anti-Dialogue propose une série d’exigences préalables à toute organisation ou structure appelée à participer à de telles assises. La première condition est la reconnaissance explicite de l’agression étrangère contre la RDC, telle qu’établie par les Nations unies. Sans cette reconnaissance claire, le dialogue deviendrait, selon le mouvement, une alternative au tribunal et constituerait une trahison de la République.
La deuxième exigence porte sur la publicité préalable des revendications et des agendas. Chaque organisation candidate au dialogue devrait rendre publiques ses revendications, sa vision et ses perspectives institutionnelles avant l’ouverture des travaux, afin de permettre au peuple congolais de savoir clairement ce qui sera défendu ou négocié en son nom. Ces organisations devraient également s’engager à exclure toute amnistie, directe ou déguisée, tout partage du pouvoir avec des acteurs armés ou leurs parrains, et à placer les victimes et la justice au centre du processus politique.
Le Front Anti-Dialogue réclame également une transparence intégrale des travaux. Il exige que l’ensemble du dialogue soit retransmis en direct et de manière continue par les médias nationaux et internationaux ainsi que sur les plateformes numériques, afin de garantir au peuple souverain le droit de suivre et de juger les décisions prises.
En outre, les résultats du dialogue devraient être strictement encadrés sur le plan institutionnel. Les recommandations et résolutions issues de ces assises devraient être transmises au Parlement pour débat et entérinement au nom du peuple congolais, puis soumises à la Cour constitutionnelle afin de vérifier leur conformité à la Constitution.
Enfin, le Front Anti-Dialogue avertit que, sans ces préalables, tout dialogue serait dépourvu de crédibilité, de légitimité et d’acceptabilité politique. Il serait considéré comme illégitime, non représentatif de la volonté populaire et sans valeur juridique ou politique contraignante.
En conclusion, le mouvement réaffirme avec force que la RDC n’a pas besoin d’un dialogue destiné à blanchir les crimes, mais d’un choix politique clair entre la justice et l’impunité. « Pas de dialogue sans vérité. Pas de vérité sans justice », martèle le Front Anti-Dialogue, qui affirme refuser tout échange avec « des fusils encore fumants ».
DIKA