Le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris part à une table ronde de haut niveau organisée par la Chambre de commerce des États-Unis, axée sur deux secteurs stratégiques : les minerais critiques et les infrastructures. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le renforcement du partenariat économique entre Kinshasa et Washington, a réuni plusieurs multinationales majeures actives dans les domaines minier, financier, sanitaire et des télécommunications.
Parmi les entreprises présentes figuraient notamment Glencore et Mercuria pour le secteur minier, Pfizer et Cybastion pour la santé et les technologies, Standard Bank et Absa pour la finance, ainsi que Helios Towers pour les télécommunications, selon des informations communiquées par l’Ambassade de la RDC aux États-Unis.
Lors de cette table ronde, le Chef de l’État congolais a mis en avant le rôle central de la RDC dans la chaîne mondiale d’approvisionnement en minerais critiques, essentiels à la transition énergétique et aux nouvelles technologies. Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’investissements responsables, transparents et mutuellement bénéfiques, tout en soulignant l’importance des infrastructures routes, énergie, télécoms comme socle du développement économique et de la stabilité régionale.
Cette démarche traduit la volonté de Kinshasa de se positionner comme un partenaire fiable des États-Unis et du secteur privé international, dans un contexte mondial marqué par la concurrence accrue autour des ressources stratégiques.
L’absence remarquée de Paul Kagame
Dans ce contexte diplomatique et économique, l’absence du Président rwandais Paul Kagame à ce type d’initiative internationale est largement commentée. Kigali est de plus en plus isolé sur la scène diplomatique en raison des accusations récurrentes portées par la RDC, mais aussi par des rapports onusiens, faisant état du soutien du Rwanda aux rebelles du M23, actifs dans l’est du territoire congolais.
Ce soutien présumé, régulièrement dénoncé par Kinshasa et approuvé par plusieurs organisations internationales de droit de l’homme, pèse lourdement sur l’image du Rwanda auprès de plusieurs partenaires occidentaux et complique sa participation à des cadres de coopération économique régionale et internationale. Pour les autorités congolaises, la stabilité sécuritaire demeure une condition essentielle à toute intégration économique crédible.
La participation active de Félix Tshisekedi à cette table ronde contraste ainsi avec l’isolement progressif de Kigali sur certains dossiers stratégiques. Elle illustre également la stratégie congolaise consistant à lier diplomatie économique et plaidoyer sécuritaire, en rappelant que le développement durable de la région des Grands Lacs passe par la fin du soutien aux groupes armés.
En misant sur des partenariats directs avec les États-Unis et les grandes entreprises internationales, la RDC cherche à consolider sa place comme acteur clé de l’économie mondiale, tout en renforçant sa position diplomatique face aux défis sécuritaires persistants dans l’est du pays.
Édouard Tshiama Musasa