Réhabilitation des routes à Kinshasa : Quand les efforts s’amenuisent par l’absence d’autorité face à l’incivisme

L’exécution des travaux de réhabilitation des routes en constante dégradation ne rassure pas les Kinois sceptiques, coutumiers du fait de les voir détruites aussitôt retapées; faute d’assainissement devant faciliter l’évacuation des eaux de pluie. Le cas de l’avenue des hiilleries en est une éloquente illustration.

Plus les jours passent, plus l’avenue des Huilleries, à cheval entre les communes de Lingwala, Kinshasa et Gombe, se dégrade à chaque fois qu’une réhabilitation est effectuée. Les inondations y sont constatées à chaque pluie. Alors que le ciel est sec, on observe une accumulation d’eaux sur la chaussée qui venait à peine de subir une réhabilitation en béton armé.

Au niveau du carrefour, la colère et l’inquiétude habitent la population. Des nids de poule sont perceptibles ici et là, et, par conséquent, la circulation n’est pas fluide, engendrant des embouteillages monstres. La situation dure depuis un certain temps. Les solutions apportées sont éphémères. Les Kinois rencontrés sur place lancent ce cri.

« Nous sommes contents de voir l’engagement des autorités face à la dégradation des routes dans la ville de Kinshasa, cependant, nous les appelons, à côté de la réhabilitation, d’ajouter l’assainissement et les mesures disciplinaires contre la mauvaise gestion des déchets de ménages et de commerce qui sont jetés dans les caniveaux, » souligne Jeanette Kiala, commerçante.

Outre l’avenue des huileries, l’avenue Lualaba reste de son côté fermée depuis déjà un mois, tandis que les travaux entrepris n’avancent presque pas. Cette situation paralyse la circulation et affecte les activités quotidiennes de la population.

Dans les tronçons compris entre l’avenue Kabalo — rond point des Huilerie et l’avenue de la province — rond point des huilleries, les eaux stagnent et débordent sur la chaussée, ce qui a un impact négatif sur la circulation. Les riverains pointent du doigt l’absence de suivi des autorités locales. Ils affirment que le bourgmestre de la commune de Kinshasa emprunte régulièrement cette route sans que des mesures visibles ne soient prises pour remédier au problème.

À l’origine de ces inondations, des caniveaux bouchés par le sable, des déchets plastiques et diverses immondices qui y sont jetés, empêchent l’évacuation normale des eaux, favorisant leur accumulation sur la route. Pour les usagers, cette situation relève d’un manque d’entretien et d’une négligence passive qui pénalisent quotidiennement les conducteurs et les piétons.

« C’est une condition qui devient banale depuis et favorisée par les autorités. Elles (autorités ) passent par ici, parfois, elles voient comment sont installés les vendeurs ambulants, le soir après leur commerce, tous ces vendeurs récoltent les déchets de commerce et les jettent dans ces caniveaux nouvellement construits. La responsabilité est partagée entre les autorités et la population, » lâche Fiston Mupeka, riverain.

L’état actuel de l’avenue des Huilleries, au niveau du Mont des Arts, représente un sérieux problème pour la mobilité des populations et des automobiles. Une intervention rapide des autorités compétentes est indispensable pour améliorer la sécurité, la circulation et la salubrité de ce tronçon.

Esther Bombo