Rentrée parlementaire : Sama Lukonde exprime son soutien au dialogue national inclusif prôné par Félix Tshisekedi

La session parlementaire de mars 2026 du Sénat de la République démocratique du Congo s’est ouverte ce lundi 16 mars à Kinshasa lors d’une cérémonie solennelle présidée par le président de la chambre haute, Jean‑Michel Sama Lukonde. Devant des sénateurs, plusieurs personnalités politiques et des représentants du corps diplomatique accrédités dans le pays, le numéro un du Sénat a dressé un tableau à la fois sécuritaire, politique et socio-économique de la nation.

Dans son discours d’ouverture, l’ancien Premier ministre a rendu un hommage appuyé aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à la Police nationale congolaise ainsi qu’aux combattants de la Réserve armée de la défense, communément appelés Wazalendo, engagés sur plusieurs fronts dans l’Est du pays.

Le président du Sénat a également salué la mémoire des soldats tombés sur le champ d’honneur ainsi que celle des nombreuses victimes civiles de la guerre qui secoue les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

« Nous associons à cet hommage les éléments de nos Forces armées et de la Police nationale tombés dans l’accomplissement de leur mission sacrée de défense de l’intégrité du territoire, ainsi que l’ensemble de nos concitoyens morts dans diverses circonstances », a-t-il déclaré.

Sur le plan diplomatique, Jean‑Michel Sama Lukonde a salué les sanctions prises par le Trésor des États‑Unis visant certains responsables de l’armée du Rwanda, accusée par Kinshasa de soutenir les rebelles de l’AFC‑M23.

Pour le président du Sénat, ces mesures constituent un signal fort de la communauté internationale face aux violences et atrocités perpétrées dans l’Est de la RDC.

« C’est ici l’occasion pour le Sénat de saluer les sanctions prises par le Trésor américain à l’encontre des forces armées rwandaises et certains de ses hauts responsables », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs condamné les attaques aériennes menées par drones kamikazes contre l’aéroport international de Bangboka à Kisangani dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026, dénonçant des violations répétées du cessez-le-feu.

Le président de la chambre haute a également évoqué les récentes violences par les rebelles de l’ADF, notamment l’attaque du 11 au 12 mars contre les sites miniers de Muchacha, dans le territoire de Mambasa en Ituri.

Sur le plan politique, le président du Sénat a exprimé le soutien de la chambre haute à l’initiative de dialogue national inclusif proposée par le chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Selon lui, ce dialogue doit contribuer à renforcer la cohésion nationale et consolider les institutions face aux tentatives de déstabilisation.

« Face aux agressions et aux menaces qui pèsent sur notre pays, le dialogue doit demeurer un instrument de consolidation de la paix, de renforcement de l’autorité de l’État et de préservation de la solidité de nos institutions », a-t-il insisté.

Abordant la situation économique, Jean‑Michel Sama Lukonde a reconnu que malgré certains progrès enregistrés dans la stabilisation du cadre macroéconomique et la consolidation des réserves de change, les conditions de vie des Congolais restent préoccupantes.

Le président du Sénat a notamment évoqué le chômage des jeunes, l’érosion du pouvoir d’achat, les retards dans la paie des fonctionnaires ainsi que l’accès limité aux services sociaux de base.

Pour y remédier, il a plaidé pour une croissance économique soutenue fondée sur la valorisation des ressources minières stratégiques, la diversification de l’économie et le développement de secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie et l’industrie locale.

Au cours de cette session de mars, les sénateurs devront examiner plusieurs projets de loi importants, notamment ceux relatifs à la ratification de l’accord de paix de Washington conclu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que l’accord de partenariat stratégique entre Kinshasa et les États‑Unis.

Autant de dossiers majeurs qui devraient rythmer les travaux de la chambre haute dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants et des attentes sociales pressantes.

Shomba M.