CNSS : Charles Mudiayi Kazadi face aux accusations, la vérité d’une gestion défendue par les faits

La polémique enfle autour de la gestion de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Depuis quelques jours, le Directeur général, Charles Mudiayi Kazadi, est la cible d’un flot d’accusations relayées dans certains milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. On évoque notamment des détournements présumés de plusieurs dizaines de millions de dollars. Face à ces allégations, l’institution de prévoyance sociale parle plutôt d’une campagne de dénigrement sans fondement et tente de rétablir sa version des faits.

Des accusations jugées infondées

Parmi les accusations les plus relayées figure celle d’un prétendu détournement de 150 millions de dollars américains sur trois ans. Une affirmation qui, selon des sources proches de la direction de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, ne repose sur aucun rapport d’audit ni sur des éléments financiers vérifiables.

Pour la direction générale, ces montants avancés sans preuve relèvent davantage d’une stratégie de discrédit que d’une analyse financière sérieuse. Dans un contexte politique parfois marqué par des rivalités et des luttes d’influence, la réputation des responsables publics peut rapidement devenir la cible d’attaques médiatiques.

Le dossier des pensionnés de la MIBA

Une autre accusation concerne la gestion des fonds destinés aux retraités de la Minière de Bakwanga (MIBA), évalués entre 45 et 50 millions de dollars.

Selon les explications fournies par la direction de la CNSS, la réalité serait différente. En juillet 2025, un protocole d’accord aurait été signé sous l’impulsion du président de la République Félix Tshisekedi, dans le but de restaurer la dignité des anciens travailleurs de cette entreprise minière historique.

La prise en charge effective des pensionnés par la CNSS aurait été lancée vers la fin de l’année 2025. Actuellement, la direction provinciale de Mbuji-Mayi préparerait déjà les paiements relatifs au premier trimestre 2026, ce qui, selon l’institution, démontre que les fonds sont utilisés dans le cadre du programme prévu et non détournés.

La controverse autour de l’achat d’aéronefs

Autre point de controverse : un supposé détournement de 5 millions de dollars destinés à l’achat d’un avion. Là encore, la direction de la CNSS rejette catégoriquement cette accusation.

Dans sa stratégie d’investissement, l’institution affirme avoir opté pour des projets visant à garantir la viabilité financière à long terme. Dans ce cadre, trois aéronefs auraient été acquis pour soutenir certaines opérations logistiques et institutionnelles.

Selon les informations communiquées, un premier appareil serait déjà stationné à Kinshasa et devrait être mis en service prochainement, tandis que deux autres seraient en cours de réception.

La CNSS invoque le principe de la preuve

Face à ces accusations, la direction de la CNSS rappelle le principe juridique “actor incumbit probatio”, selon lequel la preuve incombe à celui qui allègue les faits. Jusqu’à présent, affirme-t-elle, aucun document probant n’aurait été présenté pour étayer les accusations de malversations financières.

Dans un communiqué officiel, l’institution insiste sur le fait que sa gestion est encadrée par des principes stricts de transparence et de bonne gouvernance, garantissant la sécurité des cotisations et le paiement régulier des prestations sociales.

Appel à la responsabilité dans le débat public

Tout en reconnaissant que la liberté d’expression constitue un droit fondamental, la direction de la CNSS appelle à la responsabilité dans la diffusion d’informations concernant les institutions publiques et leurs dirigeants.

Elle rappelle que ce droit doit s’exercer dans le respect de l’honneur, de la réputation et de la présomption d’innocence, afin d’éviter que le débat public ne soit alimenté par des accusations non étayées.

Dans un climat médiatique souvent polarisé, l’affaire souligne une fois de plus l’importance de vérifier les faits et de privilégier les preuves avant toute condamnation dans l’espace public.

DIKA