Dans un contexte où les questions liées à la sécurité, à la prévention et à la gestion des risques demeurent encore insuffisamment prises en compte dans plusieurs secteurs de la vie nationale, l’ONG Dynamique Bien-être a organisé ce samedi 13 juin 2026, une importante séance de sensibilisation dans la commune de Kalamu. Placée sous le thème « La sécurité dans les domaines industriels », cette rencontre a réuni cadres, membres de l’organisation, autorités locales, représentants de la communauté ainsi que plusieurs invités venus s’imprégner des notions essentielles liées à la prévention des risques.
L’activité s’inscrit dans la vision de cette organisation qui milite pour l’émergence d’une véritable culture du civisme sécuritaire en République démocratique du Congo. Pour les responsables de la Dynamique Bien-être, la gestion des risques ne concerne pas uniquement les industries ou les grandes entreprises. Elle touche également les ménages, les administrations publiques, les établissements scolaires, les centres de santé, les infrastructures routières ainsi que tous les secteurs où les activités humaines peuvent générer des incidents, des accidents ou des catastrophes évitables.
Animée par le président de la structure, l’expert en sécurité et gestion des risques Pitchou Ngaliema Kutala, la conférence a permis d’aborder plusieurs aspects techniques liés à la sécurité industrielle. L’orateur a notamment développé les notions de prévention, d’accidentologie, d’analyse des menaces, de maîtrise des dangers ainsi que les mécanismes de gestion des risques applicables aussi bien aux phases d’avant-projet qu’aux projets en cours d’exécution.
Face à un auditoire particulièrement attentif, l’expert a insisté sur la nécessité d’intégrer la culture de la sécurité dans toutes les activités humaines.
« La gestion des risques est une science qui permet d’identifier les dangers avant qu’ils ne produisent des conséquences humaines, matérielles, économiques ou environnementales. Notre mission est d’amener chaque citoyen, chaque responsable d’entreprise, chaque gestionnaire, chaque travailleur à comprendre que les accidents ne sont pas toujours le fruit du hasard. Très souvent, ils résultent d’un manque de prévention, d’information ou de préparation. Nous voulons développer une véritable culture de sécurité dans notre pays à travers la sensibilisation et la formation. Nous allons travailler avec les avocats, les médecins, les policiers, les chauffeurs, les architectes, les enseignants, les commerçants et toutes les autres catégories socioprofessionnelles afin que chacun comprenne les risques liés à son domaine et apprenne à les prévenir efficacement. Une société qui maîtrise ses risques protège mieux ses citoyens, ses investissements et son développement », a déclaré Pitchou Ngaliema Kutala.
Au-delà de la conférence, cette journée a également été marquée par l’installation officielle de la coordonnatrice municipale de Kalamu. Un moment solennel présidé par la coordonnatrice nationale de la Dynamique Bien-être, Madame Movaro, qui a procédé à la remise des attributs officiels de la structure, notamment la carte de membre, l’écharpe et le certificat de nomination.
Dans son intervention, la coordonnatrice nationale a particulièrement mis l’accent sur le rôle de la femme dans la construction de la société et dans les actions de sensibilisation communautaire.
« La femme ne doit pas être confinée à un rôle secondaire. Elle possède les compétences nécessaires pour participer à la planification, à la gestion et à la prise de décisions dans tous les secteurs de la vie nationale. Nous encourageons les femmes à s’engager davantage afin d’accompagner les efforts de développement de notre pays », a souligné Madame Movaro.
Visiblement émue après son investiture, la nouvelle coordonnatrice municipale de Kalamu, Madame Nancy Kalala, a exprimé sa reconnaissance envers les responsables de la structure avant de réaffirmer sa détermination à accomplir sa mission.
« Les défis sont nombreux, mais je m’engage à travailler avec toutes les couches de la population de Kalamu pour promouvoir la culture de la prévention. Nous allons sensibiliser les structures de notre municipalité à l’identification des risques, à la différence entre incidents et accidents, ainsi qu’aux notions de sécurité et de sûreté afin de contribuer à la protection des personnes et des biens », a affirmé Nancy Kalala.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs autorités locales, notamment le commandant de la police du quartier et le chef de quartier, venus témoigner leur soutien à cette initiative qui place la prévention au centre des préoccupations communautaires.
Pour les responsables de la Dynamique Bien-être, les risques sont omniprésents dans la vie quotidienne : dans les industries, les transports, les marchés, les écoles, les chantiers de construction, les lieux de travail et même dans les habitudes de consommation. D’où l’urgence, selon eux, de multiplier les campagnes de sensibilisation afin de réduire les comportements à risque et promouvoir les bonnes pratiques de sécurité.
Au terme de cette rencontre, un message fort a été lancé à l’endroit des pouvoirs publics, des entreprises, des organisations de la société civile et des citoyens. La sécurité ne doit plus être perçue comme une simple obligation administrative, mais comme un investissement pour la protection des vies humaines et la préservation des biens. La prévention demeure le moyen le plus efficace et le moins coûteux pour éviter les accidents et les catastrophes.
À travers cette activité, la Dynamique Bien-être entend poursuivre son combat pour faire de la gestion des risques une préoccupation nationale. Car selon les organisateurs, une société qui ignore les risques s’expose aux drames, tandis qu’une société qui les identifie, les analyse et les prévient se donne les moyens de construire un avenir plus sûr, plus responsable et plus durable pour tous.
Édouard Tshiama Musasa