Alors que le débat politique reste marqué par les récentes initiatives de l’opposition et les consultations annoncées par le Chef de l’État, les prises de position se multiplient. Parmi elles, celle du député national Steve Mbikayi, qui propose une lecture axée sur la responsabilité des acteurs politiques et l’intérêt supérieur de la Nation.
Pour ce leader politique congolais et président du Parti Travailliste (PT), les événements de ces derniers jours constituent un indicateur de l’évolution du climat politique. Il estime que les décisions prises autour de la marche de la Coalition C64 méritent d’être analysées au regard de la participation citoyenne et de la manière dont les autorités ont géré cette séquence.
« Nous félicitons les Kinoises et les Kinois pour avoir largement boudé la marche de l’opposition. Nous saluons également l’attitude de l’Hôtel de Ville, qui n’est pas tombé dans ce qui pouvait être perçu comme un piège consistant à provoquer une interdiction afin d’en tirer un avantage politique. »
A ses yeux, cette séquence politique ouvre désormais un nouvel espace de réflexion sur les réformes institutionnelles. Steve Mbikayi estime que le pays peut engager sereinement le débat sur une révision de la Constitution, en mettant notamment sur la table la suppression de certaines institutions qu’il juge coûteuses, le rétablissement du septennat présidentiel ainsi que la suppression de la limitation du nombre de mandats.
« Le boulevard reste désormais largement ouvert aux réformes constitutionnelles. À titre personnel, nous proposons notamment la suppression des institutions budgétivores, le rétablissement du septennat ainsi que la suppression de la limitation du nombre de mandats. Ces objectifs pourraient être atteints par une révision de la Constitution au Parlement, sans qu’il soit nécessaire de recourir à un référendum, en ce moment où une partie du pays est sous occupation rwandaise. »
Au-delà de ses propositions de réformes constitutionnelles, Steve Mbikayi souligne surtout la convergence entre sa réflexion et l’orientation désormais privilégiée au sommet de l’État. Deux semaines avant l’annonce par le Président Félix Tshisekedi de l’organisation d’un dialogue national inclusif, le député national avait déjà plaidé pour la convocation des États généraux de la République, qu’il présentait comme un cadre de concertation susceptible de rassembler les forces politiques et sociales autour des grands défis du pays.
Aujourd’hui, l’ancien Ministre de l’ESU se félicite de l’appel lancé par le Chef de l’État au dialogue, estimant que celui-ci rejoint, dans son esprit, la démarche qu’il défend depuis plusieurs semaines : privilégier la concertation, renforcer la cohésion nationale et rechercher un consensus sur les réformes majeures, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires auxquels la République démocratique du Congo demeure confrontée.
Par Édouard Tshiama