La Société Congolaise pour l’État de Droit (SCED) tire la sonnette d’alarme sur la situation des 2 500 magistrats recrutés, nommés et rémunérés par le Trésor public, mais qui, selon elle, ne sont toujours pas affectés dans les juridictions et parquets à travers la République démocratique du Congo. Dans un communiqué signé par son directeur général, Dominique Kambala Nkongolo, l’organisation dénonce une situation qu’elle juge préoccupante pour le fonctionnement de la justice congolaise.
Pour la SCED, il est difficilement compréhensible que l’État mobilise d’importantes ressources financières pour recruter, former, nommer et payer des magistrats sans leur permettre d’exercer effectivement les fonctions pour lesquelles ils ont été engagés. L’organisation estime qu’une telle situation constitue une mauvaise utilisation des ressources publiques et compromet l’efficacité du système judiciaire.
Le communiqué souligne qu’au même moment, de nombreuses juridictions, particulièrement dans les provinces et les territoires éloignés, continuent de souffrir d’un déficit important de magistrats. Cette insuffisance, selon la SCED, ralentit le traitement des dossiers judiciaires, prolonge les détentions préventives et éloigne davantage les citoyens d’une justice accessible et efficace.
La structure estime également que recruter des magistrats sans procéder à leur affectation revient à entretenir une administration judiciaire inactive, alors que les besoins en personnel judiciaire restent considérables sur l’ensemble du territoire national.
Face à cette situation, la SCED considère que cette absence d’affectation porte atteinte non seulement à la bonne gestion des deniers publics, mais également au bon fonctionnement du pouvoir judiciaire et au droit des citoyens d’accéder à une justice de proximité.
En conséquence, l’organisation appelle le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ainsi que le Gouvernement à prendre, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin de garantir une affectation effective, équitable et rapide des 2 500 magistrats concernés, en vue de renforcer l’administration de la justice en République démocratique du Congo.
DIKA