A Libreville au Gabon, Félix Tshisekedi a apporté un nouvel élément au débat sur le dialogue national inclusif. Face à la diaspora congolaise, le Chef de l’État a annoncé une prochaine adresse à la Nation pour préciser les contours de cette démarche, devenue l’un des principaux enjeux de la séquence politique actuelle en RDC. « Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a-t-il déclaré.
L’annonce intervient dans un contexte particulièrement sensible. Vingt-quatre heures plus tôt, la Coalition Article 64 (C64) annonçait la reprise de ses actions citoyennes, avec une marche pacifique prévue le 15 septembre, jour de la rentrée parlementaire. La coalition avait fait de la convocation d’un dialogue national inclusif l’une de ses principales revendications.
Le calendrier politique se resserre donc autour de cette question. D’un côté, le pouvoir affirme vouloir avancer vers un dialogue, tout en maintenant que celui-ci doit s’inscrire dans le respect des institutions et de l’ordre constitutionnel. De l’autre, l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile réclament un cadre véritablement inclusif et des garanties sur les objectifs et les participants. Le Chef de l’État avait déjà affirmé, dans son adresse à la Nation du 29 juin, que le dialogue ne devait ni contourner les institutions ni remettre en cause la volonté populaire.
À cela s’ajoute le dossier du référendum. La proposition de loi portant organisation du référendum, adoptée par l’Assemblée nationale en juin, avait ensuite été soumise au contrôle de conformité de la Cour constitutionnelle. Le Président de la République a, conformément à la procédure prévue par l’article 137 de la Constitution, demandé une nouvelle délibération du texte au Parlement. Cette étape ajoute une autre dimension au débat politique, alors que la question d’une éventuelle réforme constitutionnelle demeure au cœur des préoccupations de la C64.
Dans ce contexte, la prochaine adresse à la Nation sera particulièrement scrutée. Les Congolais attendent désormais de savoir ce que le Chef de l’État entend concrètement par un dialogue « différent » : son format, ses participants, son agenda et surtout ses objectifs. L’enjeu est aussi de savoir si cette nouvelle initiative permettra de réduire les crispations politiques ou si elle ouvrira une nouvelle phase de confrontation autour de la Constitution et de l’avenir institutionnel du pays.

À Libreville, Félix Tshisekedi n’a donc pas encore donné tous les détails. Il a fixé un prochain rendez-vous avec la Nation. Et cette fois, au regard des attentes de l’opposition, de la mobilisation annoncée par la C64 et des débats institutionnels en cours, son adresse pourrait constituer un moment déterminant pour la suite de la séquence politique congolaise.
Par Édouard Tshiama