‎RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 : DE KINSHASA AUX CONFINS DU PAYS, LES 60 PROVINCES ÉDUCATIONNELLES AU RENDEZ-VOUS DE LA REPRISE DES COURS

Entre mobilisation des autorités, résilience face aux crises sécuritaires et sanitaires et maintien de la continuité
‎pédagogique, la République démocratique du Congo ouvre officiellement ce mardi 1er septembre 2026 une nouvelle année scolaire.
‎Après plusieurs semaines de vacances, les portes des établissements scolaires se rouvrent à travers la République démocratique du Congo. Ce mardi 1er septembre 2026 marque officiellement le début de l’année scolaire 2026-2027, conformément au calendrier arrêté par le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté.
‎De Kinshasa aux provinces de l’Est, du Grand Katanga aux espaces du Kasaï, en passant par le Grand Équateur, le Grand Kivu, le Haut-Uele et les autres territoires éducatifs, la même ambition se dégage : permettre à chaque enfant congolais de retrouver le chemin de l’école et garantir la continuité des apprentissages.
‎La RDC compte officiellement 60 provinces éducationnelles réparties dans ses 26 provinces administratives. Cette organisation constitue l’un des principaux leviers de proximité du système éducatif national.

‎Une rentrée portée par une forte mobilisation institutionnelle

‎Pour cette rentrée, la mobilisation n’a pas seulement été l’affaire des responsables éducatifs. Dans plusieurs provinces, les autorités administratives et politiques provinciales — gouverneurs, vice-gouverneurs et membres des gouvernements provinciaux — se sont impliquées dans le lancement ou l’accompagnement de la reprise des activités scolaires.
‎Cette implication traduit une réalité : l’école dépasse désormais le seul cadre pédagogique. Elle constitue un enjeu de développement, de cohésion sociale, de protection de l’enfant et de construction de la citoyenneté.


‎En amont de cette journée, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a multiplié les concertations avec les responsables provinciaux. Les ministres provinciaux de l’Éducation et les responsables des provinces éducationnelles se sont notamment réunis à Kinshasa les 26 et 27 août afin d’harmoniser les préparatifs de la rentrée et de renforcer la coordination entre le niveau national et les provinces.

Haut-Katanga 1 : une rentrée sous le signe de la rigueur et de la responsabilité

‎Dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1, la rentrée s’inscrit dans une dynamique de préparation particulièrement soutenue.
‎Les autorités éducatives provinciales avaient déjà réuni les chefs d’établissements publics et privés agréés de Lubumbashi afin de rappeler les orientations relatives à la reprise des cours, à la gestion des établissements et au respect des dispositions réglementaires.
‎Le Proved du Haut-Katanga 1, Joseph Mwinkeu, a notamment appelé les responsables scolaires à davantage de rigueur dans la gestion des établissements et au respect de la date officielle de rentrée. La rencontre a également mis en avant la modernisation de la gouvernance scolaire et l’utilisation des outils numériques.
‎Le Haut-Katanga 1 apparaît ainsi comme l’une des provinces éducationnelles où la préparation de la rentrée a été placée sous le signe de l’anticipation, de la discipline administrative et de la qualité des apprentissages.

‎Haut-Uele : l’école face au défi sanitaire
‎Dans le Haut-Uele, particulièrement dans les provinces éducationnelles concernées par la situation sanitaire, la rentrée scolaire s’accompagne d’un dispositif de prévention contre la maladie à virus Ebola.
‎Les autorités provinciales de l’éducation ont annoncé la mise en place de mesures préventives destinées à protéger les élèves, les enseignants et l’ensemble de la communauté scolaire.
‎L’objectif est clair : maintenir l’école ouverte chaque fois que les conditions sanitaires le permettent, tout en faisant de la prévention un réflexe quotidien.
‎Les Kasaï : poursuivre les apprentissages et consolider la dynamique scolaire
‎Dans les différentes provinces éducationnelles du Kasaï, la rentrée constitue également un moment important de mobilisation autour de l’accès à l’éducation, de la fréquentation scolaire et de la qualité des apprentissages.
‎Les écoles sont appelées à accueillir les élèves dans le respect des orientations nationales, avec une attention particulière à la protection de l’enfant, à la bonne gouvernance scolaire et à la poursuite des efforts engagés pour améliorer les conditions d’apprentissage.

‎Cette rentrée rappelle surtout que l’éducation demeure un instrument essentiel de transformation sociale dans les espaces où les familles placent leurs espoirs dans l’avenir de leurs enfants.

Mongala : une rentrée qui confirme la vocation nationale de l’école

‎Dans la Mongala, comme dans les autres provinces éducationnelles, la reprise des cours traduit la volonté de maintenir le fonctionnement normal du système éducatif national.
‎Au-delà des particularités géographiques et socio-économiques, les mêmes objectifs demeurent : assurer la présence des enseignants, favoriser la fréquentation scolaire, garantir l’encadrement des apprenants et permettre aux écoles de fonctionner conformément au calendrier national.

‎La rentrée 2026-2027 apparaît ainsi comme un rendez-vous national qui met en mouvement l’ensemble de la chaîne éducative.

Nord-Kivu et Sud-Kivu : quand l’école devient un acte de résilience

‎Dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, la rentrée scolaire prend une dimension particulière.
‎Dans ces provinces confrontées depuis plusieurs années à des défis sécuritaires et humanitaires majeurs, le retour des élèves en classe constitue aussi un acte de résilience.
‎Au Nord-Kivu, les autorités éducatives ont confirmé le maintien de la rentrée au 1er septembre malgré la situation sanitaire liée à Ebola.
‎Au Sud-Kivu, malgré les combats signalés notamment dans certaines zones de Fizi et de Kalehe, les autorités éducatives ont également maintenu la rentrée à la date prévue. Les responsables provinciaux appellent les enseignants à rejoindre leurs établissements et les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

‎Dans ces territoires fragilisés, l’école apparaît donc comme un espace de stabilité, de protection et d’espoir. Faire fonctionner une école dans un contexte de conflit est un défi considérable, mais c’est aussi affirmer que les enfants ne doivent pas être les premières victimes des crises qui frappent leurs communautés.

Ebola : une rentrée adaptée selon le niveau de risque

‎Cette année scolaire est également marquée par un défi sanitaire majeur : l’épidémie de maladie à virus Ebola dans certaines zones du pays.
‎Face à cette situation, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté n’a pas opté pour une réponse uniforme. La rentrée est maintenue au 1er septembre sur l’ensemble du territoire national, mais avec un dispositif différencié selon le niveau de risque sanitaire.
‎Dans les zones considérées comme présentant un risque élevé, le ministère prévoit notamment un enseignement à distance léger, destiné à assurer la continuité des apprentissages sans exposer inutilement les enfants et les enseignants.

‎Ce dispositif repose notamment sur des feuilles de travail centrées sur les apprentissages essentiels ainsi que sur des émissions éducatives diffusées à la radio et, lorsque cela est possible, à la télévision. Le mécanisme est conçu pour ne pas imposer aux familles un accès obligatoire à Internet ou l’achat d’équipements numériques.
‎Le ministère précise que 18 sous-divisions éducationnelles classées à haut risque sont concernées par ce mécanisme d’enseignement à distance.
‎Il s’agit donc moins d’une suspension de l’école que d’une adaptation temporaire de la manière d’enseigner.
‎La prévention au cœur de la rentrée
‎Dans les zones où les cours se déroulent en présentiel, la vigilance sanitaire reste de mise.

‎Les écoles sont appelées à renforcer les mesures de prévention contre Ebola et à sensibiliser régulièrement élèves, enseignants et parents sur les comportements à adopter.

‎Cette approche graduée prévoit trois niveaux : une rentrée normale avec sensibilisation dans les zones vertes, un présentiel accompagné de mesures sanitaires renforcées dans les zones orange et, dans les zones rouges à haut risque, le recours temporaire à l’enseignement à distance.
‎L’objectif demeure le même : protéger les enfants sans interrompre leur droit à l’éducation.

Face aux appels de certains syndicats, le calendrier officiel maintenu

‎La rentrée 2026-2027 intervient également dans un contexte marqué par des appels de certains regroupements syndicaux à ne pas reprendre les cours.
‎Cependant, le calendrier scolaire officiel demeure maintenu au 1er septembre 2026. Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a réaffirmé publiquement la tenue de la rentrée sur l’ensemble du territoire, avec les adaptations sanitaires nécessaires dans les zones touchées par Ebola.

‎60 provinces éducationnelles, une même ambition
‎De Kinshasa au Kongo Central, du Haut-Katanga au Haut-Uele, des Kasaï à la Mongala, de l’Ituri au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, le paysage éducatif congolais présente des réalités différentes.
‎Certaines provinces font face à des défis logistiques, d’autres à l’insécurité, d’autres encore à la menace sanitaire. Mais toutes partagent une même responsabilité : faire de l’école un espace où l’enfant congolais peut apprendre, grandir et préparer son avenir.
‎Cette rentrée scolaire 2026-2027 est donc bien plus qu’une simple reprise administrative. Elle est un test de résilience pour le système éducatif national.
‎Dans les 60 provinces éducationnelles, l’appel est désormais lancé : enseignants en classe, élèves à l’école, parents mobilisés et autorités engagées.
‎Car, même dans les contextes les plus difficiles, une nation qui protège son école protège son avenir.
‎L’année scolaire 2026-2027 est lancée. Et avec elle, l’espoir de voir chaque enfant congolais continuer à apprendre, malgré les défis.

‎Serge Kimbila