Rentrée scolaire sous tension : les enseignants déclenchent une grève dès ce mardi 1er septembre

La rentrée scolaire 2026-2027 risque de connaître un démarrage perturbé en République démocratique du Congo. La Synergie des syndicats des enseignants a annoncé un mouvement de grève générale à compter de ce mardi 1er septembre, appelant les professionnels de l’éducation à ne pas reprendre les cours tant que le gouvernement n’aura pas apporté des réponses satisfaisantes à leurs principales revendications.

Dans un communiqué publié le 29 août, la plateforme syndicale, qui rassemble notamment le SYNECAT, la CCT, le SYADEC, le COFEVID et le SYPEPCO, fixe ainsi les conditions d’une éventuelle reprise des activités scolaires. Le mot d’ordre devrait s’étendre du 1er au 12 septembre 2026.

Des revendications centrées sur les conditions de vie des enseignants

Au cœur de la contestation figure la question de la rémunération. Les syndicats réclament l’adoption d’un nouveau barème salarial prévoyant un salaire minimum de 500 dollars américains. Ils demandent également la régularisation et le paiement des enseignants non payés (NP) et non mécanisés (NU).

Pour les organisations syndicales, l’amélioration des conditions de travail constitue également un préalable à une rentrée scolaire normale. Elles plaident notamment pour une meilleure mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire, avec des mesures destinées à réduire la surcharge des classes et à instaurer un barème plus attractif en faveur des enseignants du primaire.

L’inspection scolaire également au centre des préoccupations

La Synergie met par ailleurs l’accent sur le fonctionnement de l’Inspection générale de l’enseignement. Elle exige l’organisation des États généraux de l’inspection, le paiement des intervenants et des inspecteurs ayant participé aux évaluations certificatives ainsi que la restauration des missions réglementaires dévolues à l’inspection scolaire.

D’autres préoccupations administratives et professionnelles sont également soulevées. Les syndicats demandent notamment la libération des espaces scolaires actuellement occupés par des commerces ou d’autres activités, l’accélération du processus de transfert des enseignants vers la Fonction publique et une amélioration du mécanisme de mise à la retraite.

Les arriérés de salaires toujours réclamés

La question des rémunérations impayées en provinces figure aussi parmi les points de tension. Les représentants des enseignants réclament l’apurement des arriérés de salaires accumulés par plusieurs agents, estimant que ces retards continuent de fragiliser les conditions de vie des personnels éducatifs.

La plateforme syndicale appelle l’ensemble des enseignants à respecter le mot d’ordre, y compris ceux du secondaire dont la prise en charge financière repose directement sur les ménages.

Une première évaluation prévue le 12 septembre

La grève annoncée doit courir jusqu’au 12 septembre. À cette date, une assemblée générale d’évaluation est prévue afin d’examiner les éventuelles réponses apportées par le gouvernement et de déterminer la conduite à tenir pour la suite.

En attendant, les syndicats invitent également les parents à garder leurs enfants à la maison pendant la période couverte par le mot d’ordre.

La rentrée scolaire s’ouvre ainsi dans un contexte de fortes attentes sociales, avec, d’un côté, les autorités appelées à garantir la continuité de l’enseignement et, de l’autre, les syndicats qui conditionnent la reprise effective des cours à des avancées concrètes sur les conditions salariales, administratives et professionnelles des enseignants.

DIKA