La sortie médiatique de l’ancien président Joseph Kabila continue de provoquer de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Cette fois, c’est le révérend Thomas Kamwend, secrétaire exécutif de l’Union sacrée en Afrique du Sud et en Afrique australe, qui monte au créneau avec des propos particulièrement virulents contre l’ancien chef de l’État.
Dans une déclaration au ton offensif, le pasteur Thomas Kamwend dresse un réquisitoire sévère contre les dix-huit années de pouvoir de Joseph Kabila. Il le présente comme un dirigeant attaché aux méthodes antidémocratiques du passé et lui reproche un bilan qu’il associe à la répression, aux violences et à l’instabilité politique.
Pour le révérend, le retour de Kabila dans le débat public ne saurait effacer les interrogations persistantes sur sa gestion du pays. Il estime que l’ancien président, au lieu de se poser en donneur de leçons, devrait répondre aux critiques relatives à son héritage politique et aux conséquences de ses années de pouvoir sur la démocratie congolaise.
Le pasteur va plus loin en établissant un lien politique entre Joseph Kabila et le président rwandais Paul Kagame. Il accuse l’ancien chef de l’État de proximité avec les intérêts rwandais, dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires et les accusations d’ingérence dans l’est de la République démocratique du Congo. Des accusations politiquement graves qui traduisent la profondeur de la fracture entre les partisans du pouvoir actuel et l’ancien régime.
Un discours qui rejette le retour aux méthodes du passé
Pour Thomas Kamwend, la RDC ne peut se permettre de replonger dans les pratiques qu’il attribue à l’ancien pouvoir. Sa réaction se veut aussi un avertissement politique : selon lui, le pays doit rompre avec les méthodes qui ont fragilisé les institutions et compromis la confiance entre les dirigeants et la population.
A travers cette charge, le responsable de l’Union sacrée entend défendre la ligne politique du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment son initiative de dialogue destinée à rechercher une issue à la crise sécuritaire et à préserver l’intégrité territoriale du pays.
Le révérend affirme que les Congolais, aussi bien au pays que dans la diaspora, aspirent avant tout à la paix. Il réitère ainsi son soutien au processus de dialogue engagé par le chef de l’État, présenté comme une voie permettant de restaurer la stabilité et de consolider l’unité nationale.
Une confrontation qui ravive le débat sur l’héritage de Kabila
Cette nouvelle attaque verbale illustre la crispation du climat politique congolais autour de la prise de parole de Joseph Kabila. Alors que ses détracteurs contestent son bilan et dénoncent ses positions, ses interventions continuent de relancer les débats sur ses responsabilités passées et son rôle dans la crise actuelle.
Au-delà des invectives, la question demeure entière : quel héritage politique l’ancien président laisse-t-il à la RDC, et quelle place peut-il encore occuper dans la recherche d’une solution durable aux défis sécuritaires et institutionnels du pays ?
Pour Thomas Kamwend, une chose est claire : l’avenir du Congo doit se construire autour de la paix, de la souveraineté nationale et du respect des institutions, plutôt que sur un retour aux querelles et aux méthodes du passé.
Joachim DIKA