Coalition Article 64 : entre pression de la rue et bataille diplomatique, jusqu’où ira l’offensive politique ?

Après le sit-in, les appels à la ville morte, la rencontre avec le Président burundais Évariste Ndayishimiye et l’annonce d’une nouvelle marche, la Coalition Article 64 poursuit une stratégie de pression à plusieurs niveaux. Une offensive qui pose une question centrale : quelle sera la prochaine étape si le pouvoir reste inflexible sur la question constitutionnelle ?

La Coalition Article 64 semble avoir opté pour une stratégie de pression permanente. Depuis plusieurs semaines, elle alterne sit-in, appels à la ville morte, manifestations et initiatives diplomatiques afin de maintenir la question de la Constitution au centre du débat politique.

La rencontre de Bujumbura avec le Président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, a donné une dimension régionale à cette offensive. Face aux réactions qu’elle a suscitées, Jean-Marc Kabund a tenu à clarifier la démarche de la coalition au nom du presidium : « Nous n’avons jamais demandé ni sollicité cette rencontre ou ces échanges. »

Au-delà de cette mise au point, la coalition réaffirme sa disponibilité pour un dialogue politique, mais sous une condition qu’elle juge incontournable : « Le dialogue ne peut être envisagé que si le pouvoir renonce clairement à toute initiative de changement ou de révision de la Constitution. » Une exigence qui, pour l’heure, éloigne davantage les perspectives d’un compromis.

Sur le plan politique, cette stratégie traduit une volonté de conjuguer mobilisation populaire et visibilité diplomatique. En portant son message auprès du Président en exercice de l’Union africaine, la plateforme cherche également à inscrire les tensions politiques congolaises dans l’agenda des partenaires régionaux.

Mais cette démarche soulève une interrogation majeure. Si le pouvoir refuse de renoncer à toute réforme constitutionnelle, quel sera le prochain levier de la Coalition Article 64 ? La poursuite des marches et des autres actions de mobilisation pourrait prolonger le rapport de force, sans pour autant garantir une issue politique.

Le maintien de la marche annoncée illustre cette volonté de conserver la pression sur les autorités. Après le sit-in et les opérations ville morte, la coalition démontre qu’elle entend poursuivre son calendrier politique en misant sur la mobilisation citoyenne.

Au-delà des manifestations, c’est désormais la capacité des acteurs politiques à éviter une escalade des tensions qui est en jeu. Entre pression de la rue, bataille de communication et démarches diplomatiques, la Coalition Article 64 ouvre une nouvelle séquence de son bras de fer avec le pouvoir. La suite dépendra autant de la capacité des protagonistes à dialoguer que de leur volonté d’éviter que cette confrontation ne s’enlise au détriment de la stabilité politique.

Analyse | Par Édouard Tshiama