Kinshasa reste suspendue aux suites de l’audition de Joseph Olengankoy. Convoqué mardi 23 juin au parquet général près la Cour de cassation, le président du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a été entendu pendant plus de cinq heures par les magistrats, sans qu’aucune information officielle ne filtre sur les faits qui lui sont reprochés.
Cette longue séance de questions-réponses, tenue à huis clos, nourrit déjà de nombreuses spéculations dans les milieux politiques et de la société civile. À l’issue de l’audition, Joseph Olengankoy a quitté les lieux sans faire de déclaration à la presse, laissant planer le doute sur les véritables motivations de cette procédure judiciaire.
Son conseil, Maître Paul Okito, n’a pas caché son inquiétude face au déroulement de l’affaire : « Nous sommes devant une justice malade. Nous avons du mal à comprendre ce qui est réellement reproché à notre client », a-t-il déclaré à la sortie du parquet.
Pour l’avocat, l’absence de communication claire autour de cette convocation alimente davantage les interrogations : « Lorsqu’un citoyen est appelé devant la justice, il est normal que les griefs soient clairement établis. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans une situation où les accusations restent floues », a-t-il ajouté.
À ce stade, le parquet général près la Cour de cassation n’a livré aucun détail sur le dossier. Une opacité qui laisse place à toutes les interprétations, alors que le président du CNSA demeure une figure connue de la scène politique congolaise.
Joseph Olengankoy est attendu de nouveau ce mercredi 24 juin pour la poursuite de son audition. Cette nouvelle comparution sera suivie avec attention tant par les acteurs politiques que par l’opinion publique.
Au-delà du cas Olengankoy, cette affaire relance le débat sur la nécessité d’une justice transparente, capable de rassurer les citoyens sur son indépendance et son impartialité. Dans un contexte national marqué par de multiples défis sécuritaires et politiques, chaque procédure impliquant une personnalité publique est désormais scrutée à l’aune du respect des droits, de l’équité et de la crédibilité des institutions judiciaires.
Édouard Tshiama