A la N’sele, l’État récupère les armes de la milice et ouvre un nouveau chapitre pour la paix. La cérémonie de remise volontaire d’un important arsenal de guerre par d’anciens éléments de la milice Mobondo marque un nouveau tournant dans les efforts de pacification menés par le Gouvernement dans l’espace Grand Bandundu. Organisée samedi 20 juin à la pagode présidentielle de la N’Sele, cette activité a réuni les plus hautes autorités politico-administratives, militaires et coutumières du pays autour d’un même objectif : consolider la paix et restaurer durablement l’autorité de l’État.

Des lance-roquettes, des grenades, des fusils AK-47, des kalachnikovs ainsi qu’une importante quantité de munitions de guerre. C’est l’arsenal remis officiellement aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) par d’anciens responsables et combattants de la milice Mobondo dans le cadre du processus de désarmement engagé par le Gouvernement.

Au-delà du symbole, cette remise d’armes traduit les résultats concrets des initiatives de dialogue, de sensibilisation et de réconciliation entreprises depuis plusieurs mois pour mettre fin aux violences qui ont longtemps endeuillé les provinces du Kwango, du Maï-Ndombe, du Kwilu, du Kongo Central et certains espaces périphériques de Kinshasa.
Selon les chiffres avancés lors de cette cérémonie, plus de 800 miliciens ont accepté de quitter les groupes armés pour adhérer au processus de paix et de réinsertion. Un résultat salué par plusieurs observateurs qui y voient l’une des avancées les plus significatives enregistrées ces derniers mois dans la stabilisation de cette partie du pays.
A la tête de cette démarche, le Ministre délégué à la Défense nationale et aux Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, apparaît comme l’un des principaux artisans de ce rapprochement entre les communautés et les anciens combattants. Dans au-moins dix mois seulement après son entrée au Gouvernement, l’ancien député national et ancien journaliste a multiplié les contacts avec les différentes parties prenantes afin de favoriser une sortie pacifique de la crise sous la vision du Président de la République.
Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité de transformer cet acte de reddition en un engagement durable en faveur de la paix.
« Avant tout concourt, qu’il me soit permis de rendre hommage au Président de la République et Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi pour son fort engagement à pacifier le pays et, à Madame la première Ministre, Judith Suminwa Tuluka pour son leadership manifeste. Cette remise d’armes constitue un signal fort d’espoir pour nos populations. Le Gouvernement accompagnera tous ceux qui choisissent de quitter la violence pour rejoindre la République et participer à la reconstruction de la paix », a déclaré Eliezer Ntambwe dans son mot de circonstance.
Pour le Ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, la récupération de cet arsenal représente une victoire pour la sécurité des populations et pour l’autorité de l’État.
« Nous profitons de cette occasion pour saluer l’engendrement du Chef de l’État et commandant suprême des Forces armées, Félix Tshisekedi. La cérémonie de ce jour révèle un caractère patriotique. Ces armes qui servaient autrefois à alimenter les violences sont désormais remises aux FARDC conformément à leur mission régalienne. C’est une contribution importante au retour de la stabilité dans les zones affectées. Les armes récupérées à ce jour représentent une menace neutralisée », a-t-il affirmé lors de la réception officielle des équipements militaires.
Représentant personnel de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka à cette cérémonie, le vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, Maître Jacquemain Shabani, a lancé un appel à tous les combattants encore présents dans la brousse afin qu’ils emboîtent le pas à leurs compatriotes déjà engagés dans la voie de la paix.
« Je lance un appel solennel : la porte de la paix demeure ouverte. J’invite tous ceux qui portent encore les armes à les déposer et à rejoindre le processus engagé par le Gouvernement. L’avenir de nos communautés se construit dans la cohésion et non dans la violence », a-t-il exhorté.
La cérémonie de la N’Sele s’est déroulée en présence de plusieurs députés nationaux, sénateurs, officiers généraux des FARDC, magistrats militaires et civils, ainsi que des chefs coutumiers issus notamment des communautés Teke et Yaka, longtemps affectées par le conflit.
La participation des anciens responsables de la milice Mobondo aux côtés des autorités nationales a donné à cette rencontre une portée hautement symbolique. Elle témoigne de la volonté commune de tourner la page des affrontements et de privilégier le dialogue comme mécanisme de résolution des différends.
Si cette remise d’armes constitue une étape importante, les autorités congolaises rappellent toutefois que la pacification complète de la région exige la poursuite des efforts de désarmement, de réconciliation communautaire et de réinsertion sociale des ex-combattants.
À travers cette opération, le Gouvernement réaffirme une double détermination : tendre la main à ceux qui choisissent la paix, mais aussi maintenir une fermeté absolue face à toute tentative de résurgence des mouvements insurrectionnels. Un message qui résonne aujourd’hui bien au-delà du Grand Bandundu et qui rappelle que la restauration de l’autorité de l’État demeure au cœur de la vision des autorités congolaises pour une paix durable.
Édouard Tshiama Musasa