Pont Kwango : John Banza Lunda engage la modernisation d’un maillon clé de la RN1

Face au vieillissement du pont actuel et aux risques qui pèsent sur l’un des principaux axes reliant Kinshasa à l’intérieur du pays, le Ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, donne une nouvelle impulsion à la sécurisation de la RN1. Il a procédé ce jeudi au lancement officiel des travaux de construction d’un nouveau pont sur la rivière Kwango, un ouvrage de 283 mètres appelé à remplacer l’infrastructure existante et à garantir la continuité du trafic sur cet axe stratégique.

Le projet marque une réponse concrète à une infrastructure dont l’état s’est progressivement dégradé. Construit dans les années 1970, le pont actuel présente notamment des signes de tassement au niveau de certaines piles, de corrosion de sa structure métallique et une insuffisance de rigidité du tablier. Autant de fragilités qui ont conduit les autorités à privilégier la construction d’un nouvel ouvrage.

John Banza Lunda donne le coup d’envoi d’un chantier stratégique

En lançant officiellement les travaux, le ministre des Infrastructures et Travaux publics entend apporter une réponse durable à cette vulnérabilité. Le choix porte sur un nouvel ouvrage construit en amont du pont existant, avec une exigence centrale : renforcer la sécurité sans interrompre la circulation sur la RN1.

« La construction du nouveau pont Kwango répond ainsi à une double exigence : sécuriser durablement le franchissement de la rivière Kwango et garantir la continuité de la circulation sur cet axe majeur de la RN1 », a expliqué Jean-Claude Mido Mbuete, Directeur général adjoint de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT).

Long de 283 mètres et large de 10 mètres, le futur pont comptera dix travées, dont une de 13 mètres et neuf de 30 mètres en poutres de béton précontraint. Il reposera sur deux culées et neuf piles intermédiaires fondées sur des pieux adaptés aux caractéristiques géotechniques du site.

Maintenir la circulation pendant les travaux

L’un des défis majeurs du chantier sera de réaliser cette nouvelle infrastructure sans couper la RN1. Un pont métallique provisoire sera ainsi aménagé pour permettre aux usagers de continuer à circuler pendant la construction.

Le projet prévoit également une voie d’accès de 497 mètres, des ouvrages d’assainissement et différents dispositifs destinés à sécuriser la circulation autour du chantier.

Cette approche traduit une volonté de limiter au maximum les conséquences des travaux sur les populations et les activités économiques qui dépendent quotidiennement de cet axe.

Un pont, mais surtout une liaison à préserver

Le franchissement du Kwango constitue un maillon essentiel de la RN1. Cette route relie Kinshasa au Kwango et au Kwilu, avant d’ouvrir la voie vers l’espace Kasaï. Elle joue ainsi un rôle important dans la mobilité des populations et l’acheminement des produits agricoles et des marchandises.

Pour le Gouverneur du Kwango, Willy Bitwisila, le nouvel ouvrage doit renforcer cette fonction de liaison entre les territoires.

« Ce nouvel ouvrage a pour but de maintenir un trait d’union entre les hommes et les territoires, entre les communautés et les marchés, entre le Kwango et les autres provinces de notre pays », a-t-il déclaré.

Au-delà du transport, le futur pont est donc appelé à soutenir les échanges économiques et à faciliter l’accès aux marchés pour les populations des zones desservies par la RN1.

Un chantier qui devra composer avec les contraintes du site

Les études réalisées sur le site font état d’une largeur d’environ 253 mètres au niveau du franchissement et de profondeurs pouvant atteindre 8,5 mètres. Les équipes devront également prendre en compte la nature des sols, les eaux souterraines, les fortes précipitations et les risques d’affouillement.

L’entreprise SISC, impliquée dans la réalisation du projet, assure que les exigences techniques et de sécurité seront respectées tout au long du chantier, avec une attention particulière portée à la collaboration avec les communautés locales.

23 millions de dollars pour remplacer un ouvrage vieillissant

Le coût prévisionnel du projet est estimé à 23 millions de dollars américains. Sa réalisation est placée sous la maîtrise d’ouvrage du ministère des Infrastructures et Travaux publics, avec l’ACGT comme maître d’ouvrage délégué, dans le cadre du Programme sino-congolais.

Avec le lancement de ce chantier, John Banza Lunda entend ainsi traduire en action la volonté de sécuriser les infrastructures routières stratégiques du pays. Le nouveau pont devra prendre le relais d’un ouvrage vieillissant, tout en maintenant la circulation sur la RN1 durant les travaux.

À terme, l’objectif est clair : offrir aux usagers un franchissement plus sûr et plus fiable, tout en consolidant la liaison entre Kinshasa et plusieurs provinces de l’intérieur.

Édouard Tshiama Musasa