Réunie à Rome, la Coalition article 64 (C64) tente de reprendre l’initiative politique en annonçant son intention de rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Derrière cet appel au dialogue national, une question se pose : la plateforme de Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund dispose-t-elle encore d’un véritable levier politique pour peser sur l’avenir du pays ?
En proposant de rencontrer séparément le président de la République et son prédécesseur ancien et nouveau rebelle, la C64 donne l’impression d’une opposition qui cherche à retrouver une place dans le jeu politique. Alors que les modalités de ces rencontres restent inconnues et qu’aucun accord des deux personnalités n’a été annoncé, cette initiative ressemble davantage à une démarche de repositionnement qu’à une avancée concrète vers la résolution de la crise.
La coalition tente de se présenter comme une force de rassemblement, mais son appel au dialogue soulève des interrogations sur sa capacité à imposer ses conditions. Réunir cinq figures sans encrages populaires de l’opposition ne suffit pas, à lui seul, à démontrer l’existence d’un rapport de forces capable de contraindre le pouvoir à négocier.
Sur la question constitutionnelle, la C64 met en garde contre toute tentative de prolongation du pouvoir au-delà des limites légales et rejette également la conquête du pouvoir par les armes. Une position qui se veut équilibrée, mais dont l’efficacité dépendra surtout de sa capacité à dépasser les déclarations et à proposer des mécanismes politiques concrets.
La coalition s’oppose notamment à un troisième mandat présidentiel et à tout report des élections prévues en 2028. Elle critique aussi la loi relative à l’organisation du référendum, estimant qu’elle ne peut servir à contourner les dispositions protégées par l’article 220 de la Constitution.
Reste que la C64 devra convaincre au-delà des discours. Son initiative intervient dans un contexte où les appels au dialogue se multiplient, sans que l’annonce de nouvelles consultations constitue, en elle-même, une garantie de résultats.
En sollicitant des échanges avec Tshisekedi et Kabila, la coalition joue donc une partie délicate : démontrer qu’elle est encore capable d’influencer le cours des événements, plutôt que de donner l’image d’une opposition contrainte de chercher auprès des principaux protagonistes la place qu’elle peine à consolider sur le terrain politique.
A Rome, la C64 a affiché ses ambitions. Mais entre vouloir s’asseoir à la table des discussions et disposer du poids nécessaire pour en fixer les règles, le fossé reste entier.
C’est croire que Paul Kagame à travers Joseph Kabila a vidé toutes les flèches dans le carquois de la Coalition 64.
Wait and see.
DIKA