La République démocratique du Congo se rapproche de la création de sa première bourse des valeurs. Réuni en séance plénière ce jeudi 11 juin 2026, le Sénat a examiné et déclaré recevable à l’unanimité le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la Bourse de Kinshasa, présenté par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.
Cette réforme, portée par le gouvernement dans le cadre de la vision du Président Félix Tshisekedi visant à moderniser l’économie nationale, ambitionne de doter le pays d’un instrument financier considéré comme essentiel dans les économies modernes : un marché boursier capable de mobiliser l’épargne, financer les entreprises et attirer davantage d’investissements.
Devant les sénateurs, le ministre des Finances a rappelé que la question de la création d’un marché boursier en RDC ne date pas d’aujourd’hui. Selon lui, la première commission chargée d’étudier cette possibilité avait été mise en place dès 1970, sans jamais aboutir à une concrétisation.
« Il a fallu attendre cinquante-cinq ans pour que cette ambition puisse prendre forme à travers un projet de loi soumis à la représentation nationale », a-t-il souligné.
Concrètement, le texte définit le cadre juridique devant régir les marchés financiers en RDC. Il organise les conditions d’émission et de négociation des actions, obligations et autres instruments financiers susceptibles d’être échangés sur une future place boursière congolaise.
Le projet prévoit également la création d’une Autorité des marchés boursiers chargée de superviser les opérations, protéger les investisseurs et garantir la transparence du marché.
Pour le gouvernement, la mise en place d’une bourse constitue un levier stratégique pour le financement de l’économie. Aujourd’hui, les entreprises congolaises dépendent essentiellement des banques pour financer leurs investissements. La création d’un marché financier offrirait une alternative en permettant aux sociétés de lever directement des capitaux auprès des investisseurs.
L’État pourrait également bénéficier de cette nouvelle architecture financière en diversifiant ses sources de financement à travers l’émission de titres destinés au public.
Au-delà des aspects techniques, l’exécutif considère cette réforme comme un outil de transformation économique. Selon Doudou Fwamba, l’existence d’un marché financier moderne favorisera une meilleure allocation des ressources, encouragera l’investissement productif et contribuera à la création d’emplois.
La recevabilité du texte par le Sénat constitue une première étape importante dans le processus législatif. Son adoption définitive permettrait à la RDC de rejoindre le cercle des pays africains disposant d’une place boursière nationale et de renforcer davantage l’attractivité de son économie auprès des investisseurs locaux et internationaux.
ÉCLAIRAGE ÉCONOMIQUE : Pourquoi une bourse est-elle importante ?
Une bourse des valeurs permet aux entreprises de financer leur croissance en vendant des actions ou des obligations à des investisseurs. Elle facilite également la mobilisation de l’épargne nationale vers des projets productifs.
Dans le cas de la RDC, où les besoins en financement des infrastructures, de l’industrie et des PME restent considérables, la création d’un marché financier pourrait réduire la dépendance aux financements extérieurs et aux crédits bancaires classiques.
Pour les investisseurs, une bourse offre la possibilité d’acheter des parts d’entreprises et de participer à leur croissance. Pour l’État, elle constitue un instrument supplémentaire de mobilisation des ressources destinées au développement.
Si le projet aboutit, la Bourse de Kinshasa pourrait devenir l’un des piliers de la diversification et de la modernisation de l’économie congolaise au cours des prochaines années.
Christian La Grace LIOLYA