Surpopulation à la prison centrale de makala: Guillaume Ngefa réagit enfin et suspend provisoirement l’admission de nouveaux détenus

A la suite de l’article publié le 20 octobre 2026, auquel la cellule de communication du ministre d’État chargé de la Justice a répondu par un droit de réponse, plusieurs observateurs saluent la réactivité de Guillaume Ngefa traduite par sa décision de suspendre provisoirement l’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala.

Cette mesure intervient dans un contexte où les conditions d’admission en milieu carcéral suscitent des préoccupations. Selon certaines observations, le placement en détention de personnes poursuivies pour des faits relativement bénins aurait parfois été utilisé par certains responsables comme un moyen de négocier à la hausse les montants des cautions exigées.

La décision du ministre d’État est ainsi perçue par certains observateurs comme un moyen de mettre un terme à ces pratiques présumées. Ils souhaitent, par ailleurs, que cette mesure soit étendue aux amigos de la ville de Kinshasa, afin de renforcer le contrôle des conditions de privation de liberté.

Cette décision fait suite au communiqué n° 0038/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du 21 octobre 2026. Dans ce document, le cabinet du ministre d’État chargé de la Justice et Garde des Sceaux, informe l’opinion publique que, par sa circulaire n° 004/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du même jour, le ministre a décidé de suspendre provisoirement l’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala, sauf dérogation dûment justifiée.

Cette mesure exceptionnelle intervient dans un contexte de surpopulation carcérale particulièrement préoccupante. Conçu pour accueillir 1 500 personnes, cet établissement pénitentiaire compte actuellement 16 155 détenus, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi.

De nature conservatoire et provisoire, cette mesure répond à des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires. Elle vise à prévenir une aggravation des conditions de détention et à préserver la sécurité ainsi que la dignité des personnes privées de liberté.

À travers cette décision, l’État congolais réaffirme sa responsabilité en matière d’administration pénitentiaire et de protection des personnes détenues, conformément à la loi n° 23/028 du 15 juin 2023 déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire.

Le Gouvernement de la République réitère, pour sa part, son engagement à poursuivre les mesures de désengorgement des établissements pénitentiaires, à améliorer les conditions de détention et à garantir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Nicole Kakese