RDC : Kinshasa rejette les accusations de disparitions forcées et défend la légalité des procédures sécuritaires

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a vivement réagi aux accusations formulées par Human Rights Watch concernant de présumées disparitions forcées dans la capitale Kinshasa. Dans un communiqué publié ce vendredi par le ministère de la Communication et Médias, les autorités congolaises ont rejeté ces allégations, affirmant que les cas évoqués relèvent de procédures judiciaires régulières menées dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible.

Une qualification juridique contestée

La réaction des autorités intervient quelques jours après la publication d’un rapport de l’ONG qui évoque plusieurs cas supposés de disparitions forcées dans la capitale congolaise. Dans sa mise au point officielle, le gouvernement estime que les conclusions du rapport reposent sur une qualification juridique « discutable ».

Selon Kinshasa, la notion de disparition forcée en droit international implique des critères précis : l’arrestation ou la détention d’une personne par des agents de l’État, suivie d’un refus de reconnaître cette privation de liberté ou de révéler le sort réservé à la personne concernée.

Or, d’après l’exécutif congolais, plusieurs individus cités dans le rapport ont été localisés. Certaines personnes auraient été remises en liberté, tandis que d’autres ont été déférées devant les juridictions compétentes conformément aux dispositions de la législation nationale. Le gouvernement assure également que des visites ont été autorisées, aussi bien pour les familles que pour les représentants de l’organisation.

Dans ces conditions, les autorités congolaises appellent à « une appréciation juridique prudente » des faits évoqués dans le rapport.

Un contexte sécuritaire sous pression

Le gouvernement replace également ces interventions dans un contexte sécuritaire tendu. Le communiqué évoque notamment l’« agression persistante » attribuée au Rwanda et aux rebelles de l’AFC/M23 dans l’est du pays, ainsi que la présence continue de groupes armés dans plusieurs provinces.

Selon les autorités, cette situation s’accompagne de tentatives de déstabilisation visant les institutions congolaises, y compris à travers des moyens numériques. Dans ce contexte, les interventions des services de sécurité, notamment celles du Conseil national de cyberdéfense, s’inscriraient dans le cadre d’enquêtes légales destinées à préserver l’ordre public et la sécurité nationale.

Kinshasa rejette toute motivation politique

Face aux critiques, le gouvernement congolais rejette toute accusation d’arrestations arbitraires ou à caractère politique. Il affirme demeurer attaché aux principes de l’État de droit et rappelle que toute allégation crédible de violation de la loi relève exclusivement de la compétence des autorités judiciaires.

Tout en contestant les conclusions du rapport, Kinshasa se dit toutefois disposé à maintenir un dialogue avec les organisations internationales et les défenseurs des droits humains. Un dialogue qui, selon les autorités, doit se faire dans le respect de la souveraineté et des institutions de la République démocratique du Congo.

DIKA