Quatre jours après la manifestation de l’opposition organisée le 12 juin à Kinshasa, la controverse demeure vive autour du bilan humain des incidents qui l’ont émaillée. Alors que plusieurs acteurs politiques et certaines voix à l’international évoquent l’existence de morts, le gouvernement congolais maintient qu’aucun décès n’a été officiellement constaté à ce stade.
Lors d’un briefing de presse, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a réaffirmé la position officielle de l’exécutif. Tout en rappelant que la liberté de manifester est un droit garanti par la Constitution, il a souligné que toute forme de violence demeure inacceptable, qu’elle émane des manifestants ou des forces chargées du maintien de l’ordre.
Le porte-parole du gouvernement affirme que les vérifications effectuées auprès des services compétents, notamment la Police nationale congolaise et les structures hospitalières, n’ont enregistré aucun décès lié à cette manifestation. Les rapports disponibles font état de six à sept blessés, dont un cas grave pris en charge dans une structure médicale.
Au-delà du bilan, Patrick Muyaya a surtout insisté sur la nécessité de fonder le débat public sur des éléments vérifiables. En réponse aux accusations faisant état de morts, il a invité leurs auteurs à transmettre aux autorités les noms, adresses et identités des victimes présumées afin de permettre les vérifications nécessaires.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des initiatives engagées par le ministre d’État en charge de la Justice, qui a rencontré les responsables des partis impliqués dans la manifestation avant de leur adresser des correspondances officielles sollicitant toute information susceptible d’éclairer la justice.
À travers cette posture, le gouvernement cherche à déplacer le débat du terrain des déclarations politiques vers celui de l’établissement des faits. Pour l’exécutif, seule la production d’éléments concrets permettra de confirmer ou d’infirmer les accusations portées après la manifestation.
Cette affaire met ainsi en lumière un enjeu plus large : celui de la gestion de l’information en période de tensions politiques. Entre les récits relayés sur les réseaux sociaux, les prises de position politiques et les données recueillies par les services de l’État, la bataille se joue désormais sur le terrain de la preuve.
Le gouvernement assure que toute nouvelle information vérifiée sera rendue publique et que les responsabilités seront établies si des faits contraires aux rapports actuellement disponibles venaient à être démontrés.
Christian La Grâce LIOLYA