Entre le débat autour du référendum et les appels à la démission du Président Félix Tshisekedi lancés par certains opposants, la RDC traverse une séquence politique délicate. Plus que jamais, le respect des institutions, le dialogue et la recherche de la stabilité apparaissent comme les véritables garanties de la paix et de la démocratie.
L’adoption par le Sénat de la loi fixant les modalités d’organisation du référendum marque une nouvelle étape dans le débat politique congolais. Après son examen à l’Assemblée nationale, le texte poursuit son parcours institutionnel dans un contexte marqué par de vives tensions entre la majorité au pouvoir et une partie de l’opposition. Au même moment, les leaders de la coalition C64 multiplient les actions de contestation et envisagent une nouvelle marche pour réclamer la démission du Président Félix Tshisekedi.
Dans toute démocratie, l’opposition a le droit de critiquer l’action gouvernementale, de mobiliser ses partisans et de proposer une alternative politique. Ces libertés constituent même l’un des fondements essentiels de l’État de droit. Cependant, l’exercice de ces droits doit s’inscrire dans le respect des institutions et du calendrier constitutionnel. La contestation politique gagne en crédibilité lorsqu’elle s’appuie sur des arguments de fond plutôt que sur des mots d’ordre susceptibles d’accentuer les divisions.
La question qui se pose aujourd’hui est celle de la pertinence d’une revendication exigeant la démission du Chef de l’État alors que celui-ci se trouve encore dans la période normale de son mandat. La Constitution prévoit des mécanismes précis pour l’accession et l’exercice du pouvoir. Dans un État démocratique, les alternances s’opèrent d’abord par les urnes, sauf circonstances exceptionnelles prévues par la loi. Dès lors, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les fondements politiques et juridiques d’une telle exigence.
Par ailleurs, le pays fait face à des défis autrement plus urgents. La situation sécuritaire dans l’Est, les attentes sociales de la population, le chômage des jeunes, l’amélioration des infrastructures et le pouvoir d’achat demeurent des préoccupations majeures. Dans ce contexte, la classe politique, majorité comme opposition, gagnerait à privilégier le débat d’idées et la recherche de solutions concrètes plutôt que les affrontements permanents qui risquent de détourner l’attention des véritables priorités nationales.
La RDC a besoin aujourd’hui d’un climat apaisé, propice au dialogue et à la cohésion nationale. Les divergences politiques sont normales dans une démocratie, mais elles ne doivent jamais compromettre la stabilité du pays. L’heure est à la responsabilité. Aux institutions de garantir les libertés publiques, à l’opposition de poursuivre son combat dans le cadre républicain, et à la majorité de rester ouverte au dialogue. Car au-delà des ambitions partisanes, c’est l’intérêt supérieur de la Nation qui doit demeurer la boussole de tous les acteurs politiques.
Édouard Tshiama