La coopération entre la République démocratique du Congo et l’Égypte a franchi un nouveau palier en juin 2026 à l’occasion de la visite officielle du président Félix Tshisekedi au Caire, effectuée sur invitation du président Abdel Fattah Al-Sissi. Les deux pays ont signé un mémorandum d’accord prévoyant la création d’un Pavillon Égypto-Congolais de Chirurgie Cardiaque au Centre Hospitalier Universitaire Renaissance de Kinshasa.

A travers ce projet, les autorités congolaises entendent répondre à l’un des défis majeurs du système national de santé : la prise en charge des maladies cardiovasculaires complexes. Faute d’infrastructures spécialisées suffisantes, de nombreux patients sont aujourd’hui contraints de se rendre à l’étranger pour bénéficier d’interventions à cœur ouvert ou d’autres traitements spécialisés, avec des coûts souvent hors de portée pour la majorité des familles.
Le futur centre de chirurgie cardiaque sera doté d’une unité de diagnostic, d’un bloc opératoire spécialisé, d’une unité de soins intensifs et d’un service de surveillance post-opératoire. Les infrastructures permettront de traiter aussi bien les malformations cardiaques congénitales chez les enfants que les maladies valvulaires, coronariennes ou aortiques chez les adultes.
Au-delà de l’amélioration de l’offre de soins, le projet présente également un intérêt économique important. Chaque année, les évacuations sanitaires mobilisent des ressources considérables pour les ménages et parfois pour l’État. Le développement d’une capacité nationale de chirurgie cardiaque devrait contribuer à réduire ces dépenses tout en améliorant l’accès aux soins spécialisés.
Selon les engagements pris dans le cadre du mémorandum, le gouvernement égyptien fournira les équipements médicaux, les matériels spécialisés ainsi que des équipes de cardiologues et de chirurgiens chargés d’assurer les premières opérations. Les autorités égyptiennes prendront également en charge les salaires et les frais de déplacement de leur personnel médical.
Pour sa part, le gouvernement congolais mettra à disposition les infrastructures du CHU Renaissance, assurera l’alimentation en eau et en électricité ainsi que les facilités administratives nécessaires à l’exécution du projet.
L’accord comporte également une dimension stratégique de transfert de compétences. Le pavillon servira de centre de formation continue et de recherche afin de permettre aux médecins congolais d’acquérir progressivement une expertise de haut niveau dans le domaine de la chirurgie cardiovasculaire.
L’objectif affiché est de former à terme une génération de chirurgiens cardiaques congolais capables de prendre en charge localement les cas les plus complexes, réduisant ainsi la dépendance du pays vis-à-vis des structures médicales étrangères.
Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la continuité des relations de coopération entre Kinshasa et Le Caire. Depuis plusieurs années, l’Égypte accompagne la RDC dans le développement de ses infrastructures sanitaires, notamment à travers la réhabilitation de plusieurs pavillons du CHU Renaissance et la fourniture d’équipements médicaux.
Pour les autorités congolaises, la création du Pavillon Égypto-Congolais de Chirurgie Cardiaque constitue ainsi une étape importante dans la modernisation du système de santé national et dans la construction progressive d’une véritable souveraineté sanitaire.
Christian La Grace LIOLYA