La question de la réforme constitutionnelle continue d’alimenter les débats en République démocratique du Congo. Dans une tribune rendue publique ce mercredi 29 juillet 2026, le député national Simon Mulamba Mputu livre une réflexion approfondie sur la portée de la loi référendaire, récemment validée par la Cour constitutionnelle, tout en invitant les acteurs politiques à privilégier une approche fondée sur le droit et l’intérêt général.
Intitulée « La loi référendaire : instrument de souveraineté populaire ou voie de contournement de la Constitution ? », cette analyse examine les enjeux juridiques et institutionnels liés au recours au référendum. Pour l’élu, l’existence d’une loi référendaire ne constitue pas, en soi, une remise en cause de la Constitution. Il rappelle que cet outil permet au peuple, détenteur de la souveraineté nationale, de se prononcer directement sur des questions d’importance majeure.
Simon Mulamba estime qu’associer automatiquement le référendum à une tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel revient à méconnaître le principe même de la souveraineté populaire consacré par la Constitution congolaise. Toutefois, il insiste sur le fait que cet instrument ne saurait être utilisé pour contourner les dispositions constitutionnelles considérées comme intangibles.
Selon le député, le véritable risque réside dans une éventuelle instrumentalisation du référendum à des fins politiques. Une telle démarche, prévient-il, constituerait une fraude à la Constitution et fragiliserait les fondements de l’État de droit.
Au-delà des considérations juridiques, Simon Mulamba plaide pour l’ouverture d’un dialogue national apaisé, transparent et inclusif sur toute perspective de réforme institutionnelle. Il invite aussi bien les partisans que les opposants à une révision constitutionnelle à défendre leurs positions sur la base d’arguments liés à l’intérêt supérieur de la Nation, plutôt qu’à des calculs politiques ou électoraux.
Dans sa tribune, le parlementaire souligne également le rôle central de la Cour constitutionnelle, qu’il considère comme le garant de l’équilibre institutionnel. À ses yeux, l’impartialité et la crédibilité de cette haute juridiction seront déterminantes pour préserver la confiance des citoyens dans tout éventuel processus de réforme.
L’élu rappelle par ailleurs que le pays demeure confronté à des défis majeurs, notamment l’insécurité persistante dans l’Est, le chômage des jeunes, la pauvreté, le déficit en infrastructures ainsi que les difficultés de gouvernance. Il estime qu’une réforme constitutionnelle ne devrait en aucun cas détourner l’attention de ces priorités nationales ni accentuer les tensions politiques.
En conclusion, Simon Mulamba considère que le débat ne doit pas se limiter à la tenue ou non d’un référendum, mais porter avant tout sur le projet de société qu’il vise à construire ainsi que sur les garanties démocratiques qui encadreraient son organisation. Pour lui, toute évolution institutionnelle est légitime lorsqu’elle reflète la volonté du peuple et respecte les principes de l’État de droit.
A travers cette prise de position, le député national appelle ainsi à une réflexion dépassionnée sur l’avenir des institutions congolaises, en affirmant que la Constitution doit demeurer un instrument de stabilité, de paix et de cohésion nationale, au service exclusif de l’intérêt supérieur de la République.
DIKA