Face aux inquiétudes suscitées par la progression de l’épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri, la question d’un éventuel confinement de Bunia et des zones environnantes continue d’alimenter le débat public. Interrogé à ce sujet lors du briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a clairement indiqué que cette option n’était pas envisagée par le Gouvernement.
Cette position repose avant tout sur une distinction fondamentale entre Ebola et d’autres maladies épidémiques comme la Covid-19. Contrairement au coronavirus, qui se transmet par voie aérienne, Ebola se propage essentiellement par contact direct avec une personne malade présentant des symptômes ou avec des fluides biologiques contaminés. Dès lors, selon les autorités sanitaires, la stratégie la plus efficace consiste non pas à restreindre les déplacements de l’ensemble de la population, mais à identifier rapidement les personnes exposées au virus et à assurer leur suivi médical.
Pour Roger Kamba, le véritable défi réside aujourd’hui dans la traçabilité des contacts. Si les équipes de riposte parviennent à identifier et à surveiller systématiquement les personnes ayant été en contact avec les malades, la chaîne de transmission peut être interrompue sans recourir à des mesures drastiques de confinement. À l’inverse, la dissimulation des contacts ou le refus de collaborer avec les équipes sanitaires constituent des facteurs majeurs de propagation de la maladie.
La position du Gouvernement s’inscrit également dans le cadre des recommandations internationales en matière de gestion des épidémies. Le Règlement sanitaire international ne recommande pas la fermeture des frontières ni les confinements généralisés comme principal outil de lutte contre Ebola. Plusieurs experts estiment en effet que ces mesures peuvent avoir des conséquences économiques et sociales importantes sans garantir une efficacité proportionnelle sur le plan sanitaire.
Au-delà de la réponse nationale, les autorités misent sur une coopération régionale renforcée. La RDC travaille étroitement avec l’Ouganda et le Soudan du Sud afin de coordonner les actions de surveillance, de dépistage et de prise en charge des malades. Cette collaboration se traduit notamment par la mise en place de dispositifs sanitaires communs dans certaines zones frontalières stratégiques, où les mouvements de populations sont particulièrement importants.
En définitive, le Gouvernement privilégie une approche fondée sur les données scientifiques, le suivi des contacts et la coopération transfrontalière. Une stratégie qui a déjà permis à la RDC de venir à bout de plusieurs épidémies d’Ebola par le passé et que les autorités espèrent voir produire les mêmes résultats face à la flambée actuelle.
Christian La Grâce LIOLYA