Le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a annoncé, jeudi 9 juillet, au Salon de l’Imprimerie RDC 2026 organisé au chapiteau du Pullman Grand Hôtel de Kinshasa, l’ouverture prochaine de discussions avec les professionnels du secteur en vue de définir une stratégie nationale de relance de la presse imprimée, tout en réaffirmant le rôle stratégique de l’imprimerie dans la communication publique et le développement industriel de la République démocratique du Congo.
À l’heure où les plateformes numériques bouleversent les habitudes de consommation de l’information, le Gouvernement congolais entend éviter que les journaux imprimés ne disparaissent progressivement du paysage médiatique national. C’est le principal message porté par Patrick Muyaya au cours de cette deuxième édition du Salon de l’Imprimerie RDC, qui réunit pendant quatre jours les acteurs de l’industrie graphique autour des innovations technologiques, de la formation et des perspectives de développement du secteur.
Après avoir effectué une visite des différents stands d’exposition, le ministre est intervenu lors d’un panel consacré au thème « Rôle des médias et modernisation des supports de communication publique ». Face aux imprimeurs, éditeurs, entrepreneurs et spécialistes de la communication, il a insisté sur le fait que l’imprimerie demeure un maillon indispensable de toute stratégie moderne de communication institutionnelle.
Selon lui, la communication publique ne peut se limiter aux seuls outils numériques. Les affiches, bâches, brochures, dépliants, calendriers, t-shirts promotionnels et autres supports imprimés continuent d’occuper une place essentielle dans les campagnes de sensibilisation, les programmes gouvernementaux ainsi que les opérations de communication des entreprises publiques et privées.
Patrick Muyaya a ainsi rappelé que les métiers de l’imprimerie se situent au croisement de plusieurs domaines de compétences et participent directement à la diffusion des politiques publiques auprès des populations. Pour le Gouvernement, préserver cette filière revient également à préserver un savoir-faire, des emplois et une chaîne de valeur indispensable au fonctionnement de nombreux secteurs d’activités.
L’une des principales annonces formulées à cette occasion concerne la volonté du ministère de renforcer le dialogue avec les professionnels du secteur. Le Porte-parole du Gouvernement estime qu’une véritable politique publique ne peut être élaborée sans une concertation permanente avec les acteurs qui maîtrisent les réalités de cette industrie.
« Il faut que nous nous asseyons avec ceux qui connaissent ces métiers afin de réfléchir à la meilleure stratégie que le Gouvernement peut mettre en place pour accompagner durablement ce secteur », a-t-il déclaré devant les participants.
Mais c’est surtout la question de la presse imprimée qui a retenu l’attention. Malgré la montée en puissance des médias numériques et des réseaux sociaux, Patrick Muyaya considère que les journaux imprimés conservent une valeur patrimoniale, professionnelle et démocratique qu’il convient de préserver.
Dans cette perspective, il a annoncé l’ouverture prochaine de discussions avec l’Association nationale des éditeurs du Congo (ANECO). Ces échanges devront permettre d’évaluer les difficultés auxquelles fait face la presse écrite congolaise et d’examiner les mécanismes susceptibles d’assurer sa survie économique.
Parmi les pistes évoquées figure notamment l’instauration d’un système de subvention gouvernementale destiné à soutenir les éditeurs et à maintenir la production des journaux imprimés. Une telle mesure constituerait une première étape vers une politique publique d’accompagnement de la presse écrite, confrontée depuis plusieurs années à la baisse des recettes publicitaires, à l’augmentation des coûts de production et à la concurrence des plateformes numériques.
Au-delà de la question médiatique, le Gouvernement voit également dans l’imprimerie un secteur capable d’accompagner l’ambition d’industrialisation de la République démocratique du Congo. Une industrie graphique moderne pourrait, selon les intervenants, favoriser la création d’emplois qualifiés, stimuler les investissements et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des services d’impression réalisés à l’étranger.
Cette vision est également portée par Sandra Nzolantima, promotrice du Salon de l’Imprimerie RDC, qui a plaidé pour la création d’un centre d’excellence de formation répondant aux standards internationaux. Un tel établissement permettrait de former une nouvelle génération de techniciens spécialisés, d’ingénieurs et d’entrepreneurs capables d’accompagner la modernisation de la filière graphique congolaise grâce à des équipements de dernière génération.
Prévu du 8 au 11 juillet 2026 sous le thème « Imprimer autrement : innover, produire, protéger », le Salon de l’Imprimerie RDC 2026 rassemble des entreprises spécialisées, des fabricants d’équipements, des imprimeurs, des éditeurs et des experts venus présenter les dernières innovations dans les domaines de l’impression, de l’emballage et des technologies graphiques. À travers cette plateforme, les organisateurs ambitionnent de promouvoir les investissements, renforcer les capacités techniques des professionnels et faire émerger une industrie graphique moderne, compétitive et créatrice d’emplois, appelée à jouer un rôle croissant dans le développement économique de la République démocratique du Congo.
Christian La Grace LIOLYA