L’analyste politique Maître Joël Cadet Ndanga a affirmé, au cours de l’émission Briefing diffusée sur B One et animée par Mamina Masengo, que la marche annoncée par la C64 poursuivrait, selon lui, un objectif de renversement du pouvoir par des moyens subversifs plutôt qu’une simple revendication démocratique. Il estime que l’itinéraire choisi et les déclarations de certains opposants alimentent cette lecture.
Développant son analyse, Maître Joël Cadet Ndanga soutient que les précédentes grandes manifestations politiques en République démocratique du Congo n’avaient pas pour destination le Palais de la Nation. Il cite notamment les marches des années 1987-1988 ainsi que celle organisée lors du retour d’Étienne Tshisekedi le 27 juillet 2016, qui avait pour point de chute, le boulevard Triomphal. Selon lui, le choix de conduire la manifestation jusqu’au Palais de la Nation, en traversant plusieurs sites stratégiques et névralgiques, tels que le Palais du Peuple, la RTNC où un énergumène peut s’autoproclamer Président et neutraliser les institutions, le camp Kokolo où il y a l’Etat-major général des FARDC ou la Base logistique et leq Chancelleries iccidentales, constituerait un indice laissant penser à une tentative de prise du pouvoir. Surtout que passer ces endroits ne pourrait nous épargner des débordements susceptibles de pousser les militaires à des réactions disportio nées dont mort d’hommes qui va légitimer les Opposants pour crier vers la communauté internationale.
L’analyste affirme également avoir déjà interrogé des responsables de l’opposition sur le mécanisme institutionnel qui serait appliqué dans l’hypothèse où le Président de la République accepterait de quitter ses fonctions. D’après lui, les réponses obtenues sont restées imprécises et incohérentes. Il soutient qu’une opposition préparée aurait évoqué les dispositions constitutionnelles relatives à l’intérim assuré par le président du Sénat avant l’organisation d’une élection présidentielle, plutôt que de laisser planer, selon ses propos, l’hypothèse d’une transition politique.
Poursuivant son raisonnement, Maître Joël Cadet Ndanga établit un parallèle entre cette démarche et la tentative de coup d’État attribuée à Christian Malanga. Il affirme que l’objectif serait de favoriser l’émergence d’un « homme fort » appelé à neutraliser les institutions de la République avant de conduire une transition de plusieurs années. Selon lui, un tel scénario profiterait aux intérêts du Rwanda et conduirait à un retour des pratiques observées, d’après son analyse, sous les années de brassage militaire, avec pour conséquence une remise en cause des acquis enregistrés ces dernières années, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation et du développement du port en eau profonde de Banana.
Ces déclarations engagent exclusivement leur auteur. À ce stade, les responsables de la C64 n’ont pas été cités dans cet élément pour répondre à ces accusations. Conformément aux principes du contradictoire, leur réaction serait nécessaire afin de présenter les différentes positions sur cette question.
Christian La Grace LIOLYA