Jean-Claude Muyambo : une trajectoire politique et judiciaire entre pouvoir, rupture et résistance

Avocat, ancien bâtonnier du Barreau de Lubumbashi, ministre, député et président de la SCODE, Jean-Claude Muyambo Kyassa figure parmi les personnalités dont le parcours illustre les multiples mutations de la politique congolaise.

Né le 26 octobre 1965 à Kolwezi, il se fait d’abord connaître dans le milieu judiciaire du Katanga. Il dirige le Barreau de Lubumbashi de 2003 à 2006, avant de s’engager davantage dans la vie publique.

Après les élections de 2006, Muyambo entre au gouvernement comme ministre des Affaires humanitaires dans l’équipe du Premier ministre Antoine Gizenga. À ce poste, il intervient notamment sur les questions liées aux déplacés de guerre, aux violences sexuelles dans l’Est, aux Congolais expulsés d’Angola et aux victimes de catastrophes.

Son parcours politique prend ensuite une nouvelle dimension avec la SCODE, formation qu’il dirige. Ancien allié de Joseph Kabila, il devient progressivement l’une des voix dissidentes au sein de la Majorité présidentielle.

Le tournant intervient en 2014. Alors que le débat sur une éventuelle modification de la Constitution s’intensifie, Muyambo s’oppose publiquement à toute manœuvre susceptible de compromettre l’alternance prévue en 2016. Il quitte finalement la Majorité présidentielle en novembre 2014 et réclame ouvertement une alternance politique.

En janvier 2015, alors que le pays est secoué par des manifestations contre la modification de la loi électorale, Jean-Claude Muyambo est arrêté à son domicile. Il sera ensuite condamné à cinq ans de prison pour abus de confiance dans une affaire immobilière, tout en continuant à nier les faits qui lui étaient reprochés.

Après près de quatre années de détention, il retrouve la liberté le 3 janvier 2019 à la faveur d’une grâce présidentielle.

Libéré au moment où la RDC connaît sa première alternance présidentielle depuis l’indépendance, Muyambo se rapproche ensuite de Félix Tshisekedi avant de reprendre son autonomie politique. En 2023, il annonce notamment son ambition de briguer la magistrature suprême.

Son itinéraire reste marqué par des alliances et des ruptures parfois spectaculaires. Il fut proche de Joseph Kabila avant de devenir l’un de ses opposants, et s’est également retrouvé à plusieurs reprises en confrontation avec Moïse Katumbi avant que leurs trajectoires politiques ne connaissent de nouveaux rapprochements.

Au-delà de ses repositionnements, le parcours de Jean-Claude Muyambo demeure associé à plusieurs combats : la justice, les droits humains, la limitation du pouvoir et l’alternance politique. Une trajectoire faite de contradictions, mais aussi de ruptures qui ont contribué à faire de lui une figure singulière de la scène politique congolaise.

DIKA