Retrait de la RDC de la liste grise du GAFI : le pays en conformité avec les normes internationales adresse un signal positif à la communauté financière internationale

La République démocratique du Congo a été retirée de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée, communément appelée « liste grise ».

Cette décision a été annoncée le 30 octobre 2026, à l’issue d’une réunion plénière du Groupe d’action financière (GAFI), tenue à Paris.

En effet, du 28 au 30 octobre 2026, le GAFI a réuni à Paris les délégations de son Réseau mondial, qui compte plus de 200 juridictions et observateurs. Sous la présidence britannique de Giles Thomson, les participants ont convenu d’actions à l’échelle mondiale pour faire face à l’évolution des menaces liées à la criminalité financière, notamment celles, croissantes, associées aux actifs virtuels, à la fraude et aux centres d’escroquerie.

La liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée, ou « liste grise », est un document qui identifie les pays travaillant activement avec le GAFI afin de remédier aux défaillances stratégiques de leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.

Lorsqu’une juridiction est placée sous surveillance renforcée par le GAFI, cela signifie qu’elle s’est engagée à remédier rapidement aux défaillances stratégiques identifiées, dans les délais convenus, et qu’elle fait, de ce fait, l’objet d’un suivi renforcé.

À cet effet, la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, s’est dite satisfaite de cette avancée historique.

Dans un communiqué de presse, la Primature de la RDC inscrit cette démarche « dans le cadre de la vision structurante du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui, dès l’inscription du pays sur la liste grise, en octobre 2022, a insufflé une impulsion politique de haut niveau à ce processus et mobilisé les institutions concernées autour d’un objectif commun : restaurer la confiance des partenaires internationaux et mettre le pays en conformité avec les normes internationales en matière de lutte contre les flux financiers illicites ».

Selon ce communiqué, « cette orientation présidentielle s’est traduite par une mobilisation soutenue de l’ensemble des institutions concernées et par une action gouvernementale méthodique et coordonnée, qui a permis d’atteindre des progrès significatifs dans la mise en œuvre des 23 actions du plan convenu avec le GAFI ».

« Ces avancées se sont notamment matérialisées par l’adoption du rapport national d’évaluation des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, le renforcement de la supervision fondée sur les risques, l’exploitation effective du renseignement financier aux fins d’enquêtes et de poursuites judiciaires, ainsi que le renforcement des mécanismes d’identification, de saisie et de confiscation des avoirs d’origine criminelle », peut-on lire dans le communiqué de presse de la Primature.

Au-delà de sa portée symbolique, le retrait de la République démocratique du Congo de la liste grise constitue un signal positif adressé à la communauté financière internationale. Il contribue à renforcer la confiance dans l’environnement économique et financier du pays, à améliorer sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux et à consolider les conditions de son intégration aux circuits financiers mondiaux.

Le Gouvernement souligne toutefois que cette reconnaissance ne constitue pas un aboutissement, mais plutôt une étape décisive dans la consolidation de l’État de droit économique et financier. Le maintien des acquis, la vigilance permanente et la poursuite des réformes demeurent indispensables pour prévenir toute résurgence des vulnérabilités identifiées.

Le Gouvernement réaffirme ainsi sa détermination à assurer la pérennisation des réformes engagées, à renforcer les capacités des institutions compétentes et à garantir l’application effective des normes nationales et internationales en matière de lutte contre la criminalité financière.

Il convient de souligner que plusieurs institutions ont été mobilisées à cette fin. Il s’agit notamment des ministères de la Justice et des Finances, de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), de la Banque centrale du Congo, de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), du Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLUCCO), du Comité consultatif de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération (COLUB), des autorités judiciaires, ainsi que de l’ensemble des administrations publiques et des professionnels assujettis.

Cette décision de retrait de la liste grise concerne également la Bulgarie, la Côte d’Ivoire et Monaco, qui faisaient l’objet d’une surveillance renforcée et ont bénéficié de visites sur place concluantes.

Créé en 1989 et basé à Paris, le GAFI est un organisme mondial de surveillance de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Cette organisation intergouvernementale établit des normes internationales visant à prévenir ces activités illégales et les dommages qu’elles causent à la société. En tant qu’organe d’élaboration des politiques, le GAFI s’emploie à susciter la volonté politique nécessaire à la mise en œuvre de réformes législatives et réglementaires nationales dans ces domaines.

Shomba M.