A moins d’une année à la tête du Ministère de la justice Guillaume Ngefa essoufflé, dos au mur!

Son expérience et son expertise d’ancien Président de l’Association Africaine de Droits de l’homme (Asadho) n’ont pas contribué à consolider l’image d’une justice restaurée par son prédécesseur, le jeune Constant Mutamba dont l’ombre ne sait s’effriter vite au Palais de justice. 

Au contraire, c’est une justice placée dans le coma par le nouveau patron de la Justice et Garde des sceaux. 

Etant lui-même dans le coma artificiel, Guillaume Ngefa s’est réveillé tard lorsqu’il a été appelé pour aller constater les dégâts. Le nombre de la population carcérale s’est doublédans l’incompréhension qui peut être interprétée comme de l’incompétence de l’actuel Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux. L’esprit de mort qui régnait dans ce centre pénitentiaire dénoncé par StanisBujakera de Jeune Afrique, lorsqu’il avait fait publier les photos des prisonniers dans un état de santé exécrable, s’est très vite réveilléjusqu’à exposer Makala à un couloir vers l’enfer.

Constant Mutamba parti, dans ce que beaucoup et lui-même ont assimilé à un complot politico-judiciaire, le Ministre Guillaume Ngefa a laissé mains libres aux magistrats du parquet comme de l’Auditorat pour envoyer les prévenus en détention préventive, même pour les faits bénins.  La Direction des deux prisons en ont fait une affaire de business où elles mettent les cellules en location contre pièces sonnantes et trébuchantes. 

A ce jour, les prisonniers, surtout ceux qui n’ont pas de moyens, se couchent dans une même position, collés comme des sardines toute la nuit, sans possibilité de bouger. Cette promiscuité s’entraine avec les maladies de toutes sortes. 

Réveillé tard, le Ministre Guillaume Ngefa, s’est rendu à la prison avec celui-là même qui s’était opposé à Mutamba, dans son élan dedésengorger ce milieu carcéral pour le rendre vivable. Mutamba avait réussi à réduire le nombre de pensionnaires de Makala et de Ndolo. Ngefa arrive, il le multiplie fois trois avec toutes les conséquences qui s’en suivent.

Malheureusement, au lieu d’agir, il ne se limite qu’à l’annonce des mesures de désengorgement. Et pourtant, son pouvoir règlementaire peut le conduire à prendre certaines mesures qui peuvent contraindre les magistrats du parquet de respecter la loi qui veut que la liberté soit le principe et la détention, l’exception. Mais avec les magistrats de Kinshasa, l’inverse est ce qui est appliqué même pour des personnes dont la fuite n’est pas à craindre et ont des adresses bien connues. Comme c’est la monotonie, les mandats d’arrêt provisoires sont d’ores et déjà rédigés et il suffit juste de les remplir par les noms de nouveaux ‘’clients’’ afin d’être transférés dans les prisons, libérant ainsi les amigos pour les nouveaux locataires. 

La vétusté des infrastructures, les difficultés d’accès aux soins médicaux, l’insuffisance de l’alimentation et la surpopulation carcérale constituent autant de maux qui continuent de fragiliser le système pénitentiaire en République démocratique du Congo (RDC). Malgré plusieurs promesses et mesures annoncées par les dirigeants pour désengorger les prisons et améliorer les conditions de détention, plusieurs établissements restent confrontés à des défis structurels qui interpellent les pouvoirs publics sur l’effectivité des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Etant allé sur place, accompagné du Procureur Général près la Cour de Cassation, le Ministre Guillaume Ngefa a constaté qu’à ce jour, la population carcérale de la Prison Centrale de Makala s’élève à 16 238 détenus au lieu de 1 500 places prévues. Une situation qui devrait pousser le Ministre à prendre des mesures urgentes au lieu de s’arrêter aux faits d’annonce. 

Accompagnés des autorités judiciaires civiles et militaires, les deux responsables, Guillaume Ngefa et Firmin Mvonde, ont visité plusieurs pavillons, notamment ceux des femmes, des enfants en conflit avec la loi et des détenus malades, rapporte la cellule de communication du ministère de la Justice. Ils y ont constaté une forte promiscuité, des infrastructures dégradées et des difficultés d’accès aux soins.

Selon le directeur de cet établissement pénitentiaire, André Kanza wa Kanza, l’établissement compte 16 238 détenus, dont 299 femmes et 229 enfants en conflit avec la loi. Plus de 11 000 personnes sont en détention préventive, poursuit la même source. Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a relevé que la population carcérale avait pratiquement doublé depuis sa première visite, passant d’environ 8 000 à plus de 16 000 détenus en une année, sans augmentation du budget de fonctionnement. 

Malheureusement, ce qui lui préoccupe, ce sont des frais de fonctionnement alors que les mécanismes mis en place par son prédécesseur avaient permis d’augmenter les recettes à l’initiative de son Ministère. Les recettes dont la destination reste à déterminer. 

Au cours des échanges, plusieurs détenus ont affirmé être incarcérés pour des infractions mineures, tandis que d’autres ont sollicité leur libération pour des raisons humanitaires

« Nous sommes fatigués, nous souffrons. Il n’y a pas où dormir. Accordez-nous des mesures de grâce », ont lancé certains détenus au passage de la délégation gouvernementale et judiciaire

Dans le pavillon des femmes, certaines détenues ont indiqué partager un même lit à huit. Le ministre d’État a également rencontré des mères incarcérées avec leurs enfants en bas âge, dont la situation appelle, selon lui, une attention particulière. Lors de cette visite, une attention particulière a également été accordée aux enfants en conflit avec la loi

Il sied de rappeler que le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a procédé à quelques libérations symboliques parmi les 108 détenus identifiés en vue d’une remise en liberté, après examen de leurs situations individuelles, révèle la même source. Il a exhorté les bénéficiaires à éviter tout comportement susceptible de les conduire à nouveau en prison. 

Nicole Kakese