DIALOGUES : PATRICK MUYAYA RÉAFFIRME LES LIGNES ROUGES DE LA RDC

Lors du récent briefing de presse du gouvernement, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a réaffirmé que les futurs dialogues nationaux voulus par le président Félix Tshisekedi ne remettront pas en cause les principes fondamentaux défendus par Kinshasa dans les processus de Washington et de Doha. Souveraineté, intégrité territoriale et refus de toute compromission avec les forces accusées de massacrer les populations restent, selon lui, non négociables.

Répondant à une question sur les garanties entourant ces dialogues, le porte-parole du gouvernement a été catégorique : « il n’y aura aucune forme de concession sur un seul millimètre carré de notre territoire ». Patrick Muyaya a également insisté sur le refus de voir les ressources minières congolaises continuer à être pillées ou de conclure une quelconque compromission avec ceux qui, selon le gouvernement, participent à la déstabilisation du pays.

Le ministre a distingué trois cadres de discussion. D’une part, le processus de Washington, matérialisé par un accord qui, selon lui, prend en compte la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. D’autre part, le processus de Doha, présenté comme un cadre destiné à traiter la dimension sécuritaire de la crise dans l’Est du pays. Enfin, les dialogues nationaux voulus par le chef de l’État doivent, selon Patrick Muyaya, répondre à une autre nécessité : consolider le front intérieur face à l’agression extérieure.

Pour le porte-parole du gouvernement, l’objectif de ces consultations n’est donc pas de négocier les fondamentaux de la République, mais de réunir les Congolais autour de la défense de l’intégrité territoriale. « Nous voulons dialoguer ensemble pour créer un front commun contre l’agression », a-t-il expliqué.

Cette volonté d’ouverture connaît toutefois une limite clairement posée par le gouvernement. Patrick Muyaya estime que les participants aux dialogues devront venir avec une posture patriotique et non pour défendre les intérêts de l’ennemi désigné par Kinshasa. La question de la participation de certaines composantes ayant pris les armes reste, elle, renvoyée aux travaux préparatoires.

Le ministre a néanmoins défendu le principe d’inclusivité, affirmant que le gouvernement entend travailler avec les confessions religieuses afin d’identifier les modalités permettant une participation suffisamment large des Congolais. L’enjeu, selon lui, est de parvenir à un « gros bloc interne » derrière les institutions pour faire face à la menace extérieure.

Sur le terrain diplomatique et sécuritaire, Kinshasa entend parallèlement poursuivre la mise en œuvre des engagements pris dans les processus de Washington et de Doha. Patrick Muyaya a notamment évoqué le mécanisme de vérification du cessez-le-feu et les mesures destinées à favoriser le retrait des forces rwandaises ainsi que la cessation de tout soutien aux groupes armés.

Au-delà des négociations, le porte-parole du gouvernement inscrit cette démarche dans une perspective plus large : mettre fin à une guerre qui, rappelle-t-il, dure depuis plusieurs décennies et dont le coût se mesure également en routes, écoles et centres de santé non construits.

Christian La Grace LIOLYA