MOBONDO : ÉLIEZER NTAMBWE OUVRE LA VOIE À LA JUSTICE TRANSITIONNELLE

La justice transitionnelle pourrait progressivement s’imposer comme l’un des mécanismes envisagés par les autorités congolaises pour accompagner la sortie de crise dans les zones touchées par les violences de la milice Mobondo. Lors du récent briefing de presse, le ministre délégué à la Défense, Éliezer Ntambwe, a défendu une approche fondée sur la recherche de la vérité, la réparation des victimes et la réconciliation des communautés.

Répondant à une question sur la qualification de Mobondo comme rébellion par l’armée, le ministre délégué a d’abord appelé à la prudence. Selon lui, il est prématuré de tirer des conclusions définitives sur la qualification du conflit alors que le processus de résolution est encore en cours.

Éliezer Ntambwe a rappelé que la situation trouve notamment son origine dans un conflit foncier qui a dégénéré jusqu’à la prise des armes et à l’affrontement avec les forces régulières. Pour lui, la qualification juridique et politique des faits relève d’une démarche qui doit suivre son cours, sans que chaque membre du gouvernement ne se substitue aux institutions compétentes.

Mais au-delà de la qualification du conflit, le ministre délégué a surtout insisté sur la nécessité de préparer l’après-crise. C’est dans cette perspective qu’il a évoqué la justice transitionnelle, qu’il présente comme une réponse adaptée lorsque les violences ont profondément affecté des communautés entières.

Contrairement à une justice exclusivement punitive, la justice transitionnelle cherche également à établir la vérité, à prendre en compte les victimes et à favoriser la réparation. Dans le cas évoqué par le ministre, elle devrait aussi permettre aux communautés concernées de renouer le dialogue.

« La justice transitionnelle, oui, on va y arriver, parce que c’est un processus », a-t-il déclaré, annonçant des préparatifs autour d’un forum de dialogue destiné à permettre aux populations concernées de se parler et de rechercher la réconciliation.

Pour Éliezer Ntambwe, la réparation des victimes ne peut toutefois constituer l’aboutissement du processus. Elle doit s’accompagner d’un travail de vérité et de réconciliation afin de permettre aux communautés de dépasser les fractures provoquées par les violences.

Cette démarche intervient alors que certaines personnes issues des groupes armés ont rejoint le camp gouvernemental après avoir renoncé aux armes. La question de leur responsabilité éventuelle, comme celle des auteurs d’atrocités, demeure cependant distincte du processus de réconciliation et devra être examinée dans les cadres appropriés.

Le gouvernement entend ainsi inscrire la sortie de crise dans un processus plus large : établir la vérité sur les violences, prendre en charge les victimes, favoriser le dialogue entre communautés et reconstruire progressivement la confiance.

Christian La Grace LIOLYA