La ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele, a vécu une journée de forte mobilisation populaire marquée par une paralysie quasi totale des activités socio-économiques. Descendus massivement dans la rue, les habitants ont exprimé leur exaspération face à la recrudescence de l’insécurité qui continue d’alimenter un climat de peur au sein de la population.
Commerces, marchés, stations-service, dépôts, comptoirs d’achat d’or et établissements scolaires sont restés fermés durant la manifestation. À travers des slogans et des pancartes, les manifestants ont dénoncé l’inaction présumée des autorités face à une situation sécuritaire jugée préoccupante.
Le rassemblement s’est achevé devant le gouvernorat provincial où un mémorandum a été lu par le président de la jeunesse de la communauté Mayogo. Les protestataires y ont dressé un tableau sombre de la situation, évoquant notamment les enlèvements, les braquages, les vols à main armée, les violences sexuelles ainsi que plusieurs cas de meurtres enregistrés ces derniers mois.
Au-delà des revendications locales, plusieurs observateurs estiment que les événements d’Isiro devraient interpeller le gouvernement central. Si l’évolution récente du contexte sécuritaire dans l’est du pays, notamment à la suite du rapprochement stratégique entre la RDC et les États-Unis, semble avoir ralenti les ambitions expansionnistes de l’AFC-M23, des signaux d’alerte persistent dans d’autres régions du territoire national.
Les récentes incursions signalées dans la zone de Mungbere, repoussées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), rappellent que la menace sécuritaire demeure réelle dans le nord-est du pays. Pour de nombreux habitants, ces incidents devraient pousser les autorités à renforcer davantage leur vigilance et leur présence sur le terrain.
Certains citoyens reprochent également aux responsables politico-administratifs provinciaux de ne pas accorder suffisamment d’attention aux préoccupations sécuritaires de la population, les accusant de privilégier des intérêts particuliers au détriment des questions touchant à la sécurité collective.
Malgré l’interdiction de la manifestation par les autorités provinciales, la mobilisation s’est déroulée dans un climat de forte détermination populaire. De leur côté, les responsables du Haut-Uele ont réaffirmé leur engagement à préserver l’ordre public et à renforcer les mécanismes de protection des personnes et de leurs biens.
Cette démonstration de mécontentement traduit le profond sentiment d’inquiétude qui traverse aujourd’hui une partie de la population d’Isiro, laquelle attend désormais des réponses concrètes et des actions visibles pour restaurer durablement la sécurité dans la province.
DIKA