L’Iran et les États-Unis ont mené mercredi et jeudi 26 février 2026 des négociations indirectes pendant plusieurs heures au sujet du programme nucléaire de Téhéran, sans parvenir à un accord.
L’échec de ses discussions a laissé planer la menace d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient alors que les États-Unis ont rassemblé vendredi, une flotte massive d’avions et de navires de guerre dans la région. Le Ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr al-Busaidi, qui a servi de médiateur lors des pourparlers à Genève, a déclaré qu’il y avait eu « des progrès significatifs dans les négociations » sans donner plus de détails.
Seulement, juste avant la fin des pourparlers, la télévision d’État iranienne a rapporté que Téhéran était déterminé à poursuivre l’enrichissement d’uranium, rejetant les propositions de transfert à l’étranger tout en demandant la levée des sanctions internationales. Trump par contre avait souhaité un accord visant à limiter le programme nucléaire iranien.
L’Iran qui espérait également éviter la guerre, mais maintient qu’il a le droit d’enrichir de l’uranium et ne souhaitait pas discuter d’autres questions, telles que son programme de missiles à longue portée ou son soutien à des groupes armés comme le Hamas et le Hezbollah.
Échec des pourparlers et démonstration de force à vue
Le Ministère israélien de la Défense a annoncé samedi une « frappe préventive » contre l’Iran, alors que les sirènes retentissaient à Jérusalem et que la population de tout le pays recevait des alertes téléphoniques signalant une menace « extrêmement grave ».
« L’État d’Israël a lancé une frappe préventive contre l’Iran. Le Ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré l’état d’urgence spécial et immédiat dans tout le pays », indique un communiqué de son Ministère qui annonce également la fermeture de l’espace aérien israélien aux vols civils samedi.
« Suite aux développements sécuritaires, le Ministre des Transports a ordonné au Directeur de l’Autorité de l’aviation civile israélienne de fermer l’espace aérien de l’État d’Israël aux vols civils », a annoncé la Ministre, Miri Regev.
Représailles contre nature et guerre régionalisée
Deux fortes explosions ont été entendues samedi matin à Téhéran et deux panaches de fumée épaisse ont été observés au-dessus du centre et de l’est de la capitale iranienne. « Le type d’explosions suggère qu’il s’agit d’une attaque à la roquette », a rapporté l’agence de presse Fars, sans fournir immédiatement plus de détails.
Entre-temps, le Président américain Donald Trump, annonce dans la foulée que les États-Unis avaient lancé des « opérations de combat majeures » contre l’Iran et a appelé le peuple iranien à « s’emparer » du pouvoir. Baptisée « Fureur épique », cette opération a visé plusieurs villes du pays (Iran), où l’Internet est désormais coupé. L’Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant notamment Jérusalem et des bases américaines de la région.
Par ailleurs, selon les médias locaux, « quatre principales bases américaines au Qatar, au Koweït, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis subissent une attaque intense de missiles menée par le Corps des Gardiens de la Révolution », rapporte l’agence iranienne Fars.
Dans un contexte régional marqué par l’ascension de la technologie et du programme nucléaire face au régime de sanction sur la prolifération de l’armée nucléaire, les discussions techniques qui devraient se poursuivre la semaine prochaine à Vienne, siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique, requiert un cadre fort, transparent et inclusif pour une sortie de crise diplomatique équilibrée. L’agence de surveillance nucléaire des Nations unies devrait jouer un rôle essentiel dans tout accord.
Édouard Tshiama Musasa/Journaliste et chercheur en politique étrangère